Politique belge Ce mercredi, Michel Degueldre, président démissionnaire du Samusocial, était entendu par les membres de la commission d’enquête parlementaire.

La semaine passée, M. Degueldre avait fait parler de lui suite à la divulgation d'un mail qu'il avait envoyé, le 25 mai, pour se plaindre des enquêtes journalistiques sur l'asbl. Dans la missive, il demandait au responsable de la communication du Samusocial, et à ses directeurs opérationnels, de lancer "une recherche approfondie sur la vie, les études, habitudes, convictions, amis, familles des deux vedettes journalistiques du Vif et de la RTBF et du député Ecolo (NdlR : Alain Maron). J 'aimerais mieux comprendre leurs motivations, liens et éventuelles aspirations. L'époque des "gentils" est terminée. "

Avant de répondre aux questions des parlementaires, Michel Degueldre est revenu sur la polémique du fameux mail, expliquant qu'à l'époque il avait été interrogé par deux journalistes à propos de "la situation de salariée de l'administratrice-déléguée qui n'est pas salariée". "Je ne savais pas quoi leur répondre, je ne comprenais pas ce qu'on était en train de chercher", a-t-il souligné. "J'ai dû avoir un coup de sang, j'étais excédé. J'ai écrit ce mail un soir parce que l'attaché de presse était en vacances en Bretagne, je n'en pouvais plus. Quand je le relis, je me rends compte que ce mail était maladroit et je n'en suis pas fier. Avec le recul, je comprends mieux la démarche qui a suscité les questions des journalistes."

Michel Degueldre a affirmé ne pas savoir qui a sollicité Marc Uyttendaele, en tant qu'avocat, pour écrire à la RTBF. Il a cependant admis avoir écrit un SMS à Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, pour savoir ce que les journalistes du service public préparaient. "Il ne m'a jamais répondu."

Jetons de présence : "Je n'ai jamais été motivé par l'argent"

Michel Degueldre a expliqué que le système des jetons de présence était en place avant qu'il ne devienne administrateur. "J'ai vu qu’il y avait des jetons depuis 2006. C'était 140 ou 280 euros, quelque chose comme ça. Il n'y avait pas énormément de jetons de présence puisqu'il n'y avait pas beaucoup de réunions de CA. Je n'ai jamais été motivé par l'argent", a-t-il précisé.

"J'ai toujours pensé que ces payements étaient conformes au fonctionnement de cette asbl. Je me suis dit 'ok, ici c'est comme ça' (...) Vous allez me prendre pour un naïf mais j'ai un jour demandé au directeur financier quelles étaient ces sommes versées. Il m'a répondu que c'était pour le travail effectué", a-t-il ajouté.

Il a rappelé avoir demandé lors de la dernière réunion du Conseil d'administration de ne plus accorder de jetons de présence.

"Ne pas quitter le bateau"

M. Degueldre a enfin dit aux commissaires se considérer en affaires courantes à la tête du Samusocial dont le CA est démissionnaire. Impliqué "en tant que médecin et en tant qu'homme dans une structure pour laquelle j'ai énormément de sentiment positif", il n'a "cessé d'être en contact avec les directeurs pour les soutenir" depuis le début de la crise.

"Je ne veux pas quitter le bateau car je ne veux pas que le Samusocial parte à la dérive", a-t-il conclu à ce propos.

Son parcours 

Avant cela, M. Degueldre avait entamé son audition par une déclaration pour situer son parcours au Samusocial. Ce gynécologue de formation a été durant 24 ans, directeur du service obstétrique de l'Hôpital Saint-Pierre. En 2000, il est entré à Médecins du monde (MdM) où l'on se rendait compte que "la situation en Belgique était difficile", a-t-il dit. 

L'association de médecins est venue soigner des gens dans le bâtiment occupé par le Samusocial à la rue du Petit Rempart. Via ce partenariat, le Samusocial a demandé à M. Degueldre d'entrer au Conseil d'administration. Vers 2014, face à une problématique "exponentielle du sans-abrisme", le médecin a participé à la création du centre Medi-halte pour les SDF malades.

Toujours selon M. Degueldre, il est devenu président de l'asbl en 2015, le bourgmestre de la Ville Yvan Mayeur, jugeant difficile de cumuler les deux fonctions.


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