Politique belge

Le Brexit et les perspectives ouvertes par l'accord de libre-échange entre le Japon et l'Union européenne ont été coeur des rencontres du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avec les représentants de grandes entreprises japonaises, dont le vice-président de Toyota, Shigeru Hayakawa. 

Le chef de la diplomatie belge s'est rendu mercredi à Osaka, où sont implantées plusieurs grandes entreprises actives en Belgique, dont Daikin ou Panasonic, avant de revenir à Tokyo pour s'entretenir avec M. Hyakawa.

Le 19 octobre, le patron de Toyota, Akio Toyoda, qui dirige l'Association des constructeurs automobiles du Japon (Jama), a appelé le Royaume-Uni et l'Union européenne à éviter "à tout prix" un Brexit sans accord qui aurait, d'après lui, des conséquences dévastatrices. Les constructeurs automobiles japonais emploient près de 170.000 personnes en Europe,

"Il y a une inquiétude parfois plus forte qu'en Europe face au Brexit, et derrière cette question une inquiétude plus générale sur l'évolution de l'Union européenne. Il faut donc faire un travail d'explication sur ce qui va se passer", a expliqué le ministre à l'issue de l'entretien qui s'apparentait à ce stade davantage à une "rencontre de courtoisie".

La Belgique, fidèle à sa ligne, soutient la conclusion d'un accord avec la Grande Bretagne qui permette une sortie de celle-ci de l'Union européenne en douceur. Elle se prépare néanmoins à toutes les hypothèses, y compris celle d'un Brexit dur. Les investisseurs étrangers installés outre-Manche qui veulent continuer à exercer leurs activités sur le continent devront trouver des solutions qui impliqueront de s'y installer puisque le Royaume Uni sera sorti du Marché intérieur.

"Il faut se montrer réaliste: la Grande Bretagne deviendra petit à petit un pays tiers", a ajouté M. Reynders.

Toyota a déjà installé en Belgique son quartier général européen, qui emploie quelque 2.500 personnes.

Le chef de la diplomatie belge ne s'est pas avancé sur d'éventuels pourparlers futurs avec ce géant mondial de l'automobile. "A ce stade, il n'y a pas de demande particulière", a-t-il précisé.

La Belgique veut conforter la présence du constructeur sur son sol. A l'avenir, elle pourrait toutefois, selon le ministre, intéresser le constructeur dans le développement ses activités de pointe et de technologie.

Jeudi soir, M. Reynders a clos sa mission au Japon. Il a rappelé les liens forts qui unissent la Belgique et le Pays du soleil levant, qu'illustrent notamment les très bonnes relations entre la famille royale et la famille impériale. Parmi les rencontres qui ont jalonné le voyage, il y a eu celle du prince héritier Naruhito qui succèdera à son père Akihito le 1er mai 2019.