Moureaux : "les francophones ont fait le lit de la N-VA"

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Politique belge

Pour le sénateur et président de la fédération bruxelloise du PS, Philippe Moureaux, les francophones ont commis une erreur stratégique en ridiculisant le CD&V.

Ils ont ainsi inconsciemment fait le jeu de la N-VA. Il s'interroge par ailleurs sur la volonté de la N-VA de conclure un accord. Quant au domaine socio-économique, il est d'avis qu'on n'échappera pas à l'austérité.

M. Moureaux a accordé une interview de rentrée à l'hebdomateur Le Vif et à La Première de la RTBF dont il sera l'invité vendredi matin.

Sur le plan communautaire, Philippe Moureaux reconnaît qu'il y a une "semi-convergence" entre son parti et la N-VA. Sur le plan socio-économique par contre, les "programmes sont aux antipodes".

M. Moureaux ajoute que la grande différence avec le passé - et les négociations menées avec la Volksunie d'Hugo Schiltz - est que le parti nationaliste qu'est la N-VA "est devenu le leader dans le nord du pays".

A ce propos, il pointe ce qu'il appelle l'erreur stratégique des francophones qui ont "ridiculisé le CD&V" et ainsi fait le lit de la N-VA.

Tout en disant que cela concerne les francophones dans leur ensemble, il rappelle qu'en 2007, c'est le MR qui était à la manoeuvre.

M. Moureaux insiste sur le fait qu'aujourd'hui que le PS est redevenu le premier parti, le préformateur Elio Di Rupo a réussi à convaincre une large majorité de francophones de la nécessité d'entreprendre des réformes importantes et de scinder BHV.

"C'est entré dans l'esprit de tout le monde, ça. Pour le cdH ce n'est pas facile... Ils ont fait campagne sur le thème 'l'union fait la force'. Ce n'est pas rigolo pour eux". Et d'insister: "le transfert de compétences pour 15 milliards d'euros, avec l'union fait la force, le plat est indigeste".

Mais, dit encore Philippe Moureaux, ce qui est "inquiétant et même dramatique, c'est que les nationalistes flamands considèrent ça comme des cacahuètes. Ils devraient comprendre qu'une révolution s'est produite du côté francophone". M. Moureaux dit encore que c'est sur Bruxelles que va se jouer "l'avenir de la Belgique ou de la non-Belgique".

"On est jusqu'à présent dans un processus de délitement de l'Etat. On va peut-être entrer dans l'organisation progressive de la séparation", note encore le président du PS bruxellois.

Il réaffirme par ailleurs son attachement aux Régions. "Pourquoi ne pas imaginer un système base sur une alliance entre les Régions? Les Communautés perdraient alors leur importance", dit-il tout en remarquant que les flamands pour leur part sont plus centrés sur les Communautés.

Dans ce contexte, il évoque la nécessité d'une grande cohésion entre la Wallonie et Bruxelles et pour cela, à long termes il est d'avis qu'on pourrait s'appuyer sur la France. "Je ne trouve pas idiot d'y réfléchir", dit-il.

Enfin, sur le socio-économique, Philippe Moureaux dit encore qu'on n'échappera pas à l'austérité même si son parti évite d'utiliser ce mot et parle de rigueur. "C'est du vocabulaire, ça", lance-t-il.

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