Politique belge

Une note de la Cour des comptes relève que le fédéral a prévu que les Belges qui souscrivent à une épargne-pension fassent un choix qui leur est défavorable, selon Le Soir mercredi qui a consulté le document. Récemment, le gouvernement a décidé de modifier les règles de l'épargne-pension et de faire coexister deux plafonds fiscaux: celui que l'on connaît à 940 euros et un nouveau fixé à 1.200 euros par an. Le travailleur pourra désormais cotiser davantage pour sa retraite complémentaire, mais la déduction sur la prime est plus faible, de 25%, contre 30% pour le système lié au plafond de 940 euros.

En effet, en 2018, les particuliers pourront verser jusqu'à 1.200 euros dans ce troisième pilier des pensions. Mais le plafond actuel de 940 euros sera encore utilisé pour calculer la réduction d'impôt correspondante: 30% pour un montant jusqu'à 940 euros, 25% pour ceux qui verseront davantage. Concrètement, le "piège" concerne ceux qui voudront verser entre 940 euros et 1.128 euros et ne bénéficieront que d'une réduction d'impôt de 25% de ce montant.

Or le document de la Cour des comptes démontre que le gouvernement table bel et bien sur le fait que 15% des épargnants n'agiront pas dans leur intérêt mais dans celui du budget de l'État.

Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a en effet promis que ces changements ne pèseraient pas sur le budget. Pour ce faire, le gouvernement a tablé sur le fait que 15% des Belges qui possèdent une épargne-pension augmenteraient leurs versements, mais pas jusqu'au nouveau plafond - les autres épargnants restant soit sous les 940 euros, soit allant jusqu'à ces fameux 1.200 euros.

Pour permettre aux épargnants qui vont atteindre les 1.200 euros de gagner de l'argent grâce au nouvel avantage fiscal, le gouvernement compte sur le fait que 380.000 Belges ne vont pas réaliser qu'ils perdent de l'argent à augmenter seulement légèrement leur épargne. Pas beaucoup, certes. 14,50 euros d'avantage fiscal en moyenne.