Onkelinx : "La relance avec les travailleurs, pas contre eux"

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Politique belge

Le PS et le cdH sont opposés à toute solution qui consisterait à voir le gouvernement imposer un gel des salaires dans le cadre des travaux budgétaires en cours. Se disant conscients de la nécessité de lutter contre l'écart salarial avec les pays limitrophes, ils ne ferment pas la porte à un examen de la loi de 1996 sur la compétitivité, suggéré par Johan Vande Lanotte (sp.a).

Alors que la discussion budgétaire au sens strict est clôturée, les principaux ministres du gouvernement débattent ces dernières heures de mesures pouvant favoriser la compétitivité et l'emploi. Parmi les pistes, il est notamment question d'un gel des salaires ou du retrait d'une journée de congé. Au PS et au cdH, on bloque.

"Je demande que la relance puisse se faire "avec les travailleurs" et pas "contre" eux", a indiqué lundi à son arrivée à la résidence du Lambermont la vice-première ministre PS Laurette Onkelinx. "Ponctionner les salaires ou retirer un jour de congé, cela ne va pas", a-t-elle dit. La ministre socialiste a rappelé l'importance de la concertation sociale en Belgique. Patrons et syndicats sont habilités à se prononcer sur l'évolution des salaires dans le cadre défini par la loi.

Parmi les pistes actuellement sur la table, il est question de retoucher la loi de 1996 en vertu de laquelle on fixe le cadre de négociation de l'évolution salariale selon les prévisions de la situation dans les pays limitrophes: on prendrait en compte l'évolution réelle des salaires dans les pays limitrophes et plus les prévisions.

Sans se prononcer sur des mesures particulières, le vice-premier ministre Open Vld Alexander De Croo a une nouvelle fois souligné la nécessité de résorber le handicap salarial. "D'accord qu'il faut réduire l'écart salarial", a répondu Laurette Onkelinx mais revoir la loi de 1996 "n'est qu'une des possibilités", a-t-elle fait observer.

Sur la même longueur d'ondes, la vice-première ministre cdH Joëlle Milquet n'a pas dit autre chose. "Lutter contre l'écart salarial, sûrement, assurer la compétitivité et le cadre salarial, sûrement" mais il ne peut être question "d'imposer un gel normatif des salaires pendant plusieurs années". Certes, a-t-elle précisé, "la loi de 1996 peut être mieux appliquée mais ce que j'ai entendu hier (gel des salaires) était parfois excessif". Comme Laurette Onkelinx, Joëlle Milquet a également insisté sur le respect de la concertation sociale. "Le gouvernement ne peut pas tout imposer, il faut des équilibres", a-t-elle dit.

Alexander De Croo a affiché sa satisfaction de voir que l'emploi était considéré comme un "véritable enjeu" et la "priorité" des partenaires gouvernementaux. Il faut mettre fin à "la spirale négative", a-t-il dit.

Alors que le budget et la régulation financière, chère aux socialistes, ont été bouclés, il reste du pain sur la planche en matière d'emploi et de compétitivité. "On a élargi le champ de discussion. Nous débattons de 5 ou 6 sujets de front à financer. J'espère que ce sera pour ce soir ou cette nuit", a dit le ministre du Budget Olivier Chastel, rappelant qu'il n'y avait d'accord sur rien tant qu'il n'y avait d'accord sur tout.

"Tout est sur la table", a conclu la ministre Sabine Laruelle, venue au nom du MR; il reste à "approfondir". Il faut "trouver le chemin du compromis, ce n'est pas simple mais on y arrivera, on n'a pas le choix", a dit Laurette Onkelinx. Il y a effectivement encore "de nombreux points à régler", a souligné Joëlle Milquet. Pour Alexander De Croo, il est "possible" de conclure mardi soir. D'autres sources étaient plus sceptiques à cet égard.

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