Opposée au décret inscription, une élue claque la porte du cdH

Dorian de Meeûs Publié le - Mis à jour le

Exclusif
Politique belge

Souvenez-vous, le 18 mai dernier, LaLibre.be publiait en exclusivité une note interne au cdH qui était envoyée aux responsables du parti et à la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet (cdH). Ce courrier commun - signé par les élus cdH de la périphérie (Myriam Delacroix-Rolin, Eléonore de Bergeyck, Olivier Joris et Roger Mertens) - demandait l’abandon du décret inscription. Une réunion de crise avait été organisée au cabinet de la ministre afin de remettre tout le monde dans le rang… du moins, officiellement.

LaLibre.be a appris que l'échevine de Wezembeek-Oppem et conseillère provinciale Eléonore de Bergeyck a, depuis, claqué la porte du parti. Contactée par nos soins, elle confirme l’information dans une interview sans langue de bois.

 

Pourquoi quitter le cdH après presque 30 ans d’engagement politique dans ce parti?

Le cdH actuel n’est plus ce qu’il prétend être. Il n’est plus au centre, il a viré à gauche. Il se prétend démocratique mais ne tolère pas la moindre discussion en son sein. Bref, il n’a plus d’humaniste que le nom.

C’est la politique en matière d’enseignement que vous n’acceptez pas ?

Effectivement, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Lorsque nous avons interpelé le cabinet Simonet, nous nous sommes trouvés face à des gauchistes rabiques voulant détricoter l’enseignement libre. Leur but affiché est d’interdire aux parents de choisir eux-mêmes l’école de leur enfant d’une part, et d’autre part de forcer les écoles à accepter tous les enfants, même s’ils ne sont manifestement pas adaptés à cette école. Il en résulte des taux d’échec effrayants : dans certaines classes on compte jusqu’à 50 % d’échec en première humanité. Résultat : le nombre de places disponibles en 1ère humanité diminue encore.

Concrètement, vous dénoncez quoi ? Quelle est la situation pour les élèves de la périphérie ?

Pour nous, en périphérie, c’est catastrophique ! Nos enfants sont doublement discriminés : D’une part, ils n’ont pas droit à une école secondaire francophone en périphérie. Les lois linguistiques l’interdisent. D’autre part, ils reçoivent un indice composite moyen qui les relègue en queue de liste dans les écoles bruxelloises. Conséquence dans nos communes; seuls les enfants prioritaires ont une école lors de leur inscription. Pratiquement tous les autres, soit près de 50 % du total, se sont retrouvés en liste d’attente. Cette situation est inadmissible et crée un stress inhumain pour des enfants de 12 ans !

Je ne peux plus admettre que des enfants soient ainsi discriminés dans le choix d’une école bruxelloise. Nous avons essayé de le leur expliquer et nous nous sommes retrouvés face à un mur. Marie-Dominique Simonet ne veut pas admettre que ce décret est une catastrophe et en refuse même toute évaluation. Or, le taux d’échec au premier degré a manifestement augmenté depuis que ce décret existe.

Avec d'autres élus, vous aviez déjà exigé la suppression de ce décret. Puis, vous aviez indiqué que la Ministre vous avait rassurée. Qu’est ce qui a changé depuis ?

Tout d’abord, nous n’avions pas vraiment été "rassurés". Le cabinet nous avait simplement expliqué ce qui s’était passé en 2011, année où il n’y avait guère eu de soucis pour nos élèves. Mais en 2012, c’est catastrophique, vu la diminution des places disponibles dans les écoles bruxelloises. Lors de cette réunion, le cabinet avait promis de nous fournir les chiffres de 2012 sur les enfants de la périphérie en liste d’attente… Nous les attendons toujours ! Par contre, les chiffres communiqués directement par les écoles de la périphérie sont alarmants. En tant qu’élus, nous voulions évaluer la situation pour envisager l’avenir et surtout rassurer les parents. Le cabinet de la ministre a surtout essayé de nous endormir… Pendant ce temps-là, les parents des élèves sans école continuent à nous interpeller…

Bref, nous sommes face à des idéologues purs et durs refusant tout dialogue. Je ne peux plus l’admettre et quitte ce parti.

Vous envisagez de rejoindre un autre parti ?

Pas pour l’instant. Je suis échevine UF (Union des Francophones) et je terminerai mon mandat normalement.

Au sein du cdH, d’autres élus condamnent ce décret. Pourquoi moins franchement que vous ?

Je ne suis pas une « alimentaire politique », je ne vis pas de la politique car j’ai une autre activité professionnelle. La politique, c’est ma passion et pas mon gagne-pain. Je suis libre de dire ce que je pense.

Publicité clickBoxBanner