Politique belge Dans les provinces wallonnes, il existe également une nébuleuse d'intercommunales semblable à Publifin et où siègent des mandataires publics tirant des revenus disproportionnés de cette activité.

Comme le révèlent nos confrères de la RTBF dans une enquête, l'intercommunale Ores, qui gère le réseau wallon de gaz et d'électricité (hors province de Liège) dissimule quelques subtilités. Par exemple, il n'existe pas un mais bien deux Ores !

Le premier Ores est l'intercommunale qui emploie 2.300 personnes et qui gère plus de 50.000 km de réseaux d'électricité ainsi que 10.000 km de réseaux de gaz. "Un travail qui justifie amplement un conseil d'administration de 16 membres, un président et deux vice-présidents rémunérés", écrivent nos confrères.

Dans son sillage, Ores Assets apparaît comme bien moins légitime. Cette seconde intercommunale n'emploie personne et ne semble être plus qu'un outil financier qui aurait dû disparaître. "Sa principale raison d'être a disparu depuis que les communes ont racheté les 25% de parts d'Electrabel dans le réseau de distribution. Elle pourrait être supprimée", explique un administrateur à la RTBF.

Lorsque l'on se rend sur le site internet d'Ores Assets et que l'on clique sur "Composition des organes", les raisons pour lesquelles l'intercommunale continue d'exister apparaissent comme plus évidentes... et plus polémiques. "Le principal conseil d'administration est composé de vingt-cinq administrateurs rémunérés avec un forfait de 5.400 euros brut par an, plus un jeton de 538 euros par conseil d'administration. Son président touche 21.500 euros par an et le vice-président 10.500 euros. Difficile pour les partis de renoncer à cette manne de mandats et aux rémunérations attachées", pointent du doigt nos confrères.

Pour rappel, la suppression des comités de secteur a été actée par le Parlement wallon en 2015 mais avait été postposée au 1er juillet de cette année. Une sorte de fusion des deux conseils d’administration d'Ores est, en conséquence, d'ores et déjà à l'étude.

D'autres intercommunales de "financement" pures, considérées comme obsolètes, sont également dans le viseur de la RTBF: Finest, Finimo, Sedifin, Idefin, Sofilux, IPFH, IEG et IFIGA. Au total, cela représente 8 conseils d'administration, 8 comités de direction, 8 présidents, 16 vice-présidents et pas moins de 200 administrateurs... tous rémunérés.