Politique belge De petites formations émergent dans le paysage politique francophone. Ces partis qui ne disent pas leur nom veulent dépasser la politique traditionnelle. Ils sont pris dans une contradiction : réussir électoralement tout en incarnant le souffle du renouveau.

Les élections approchent et le paysage politique francophone a rarement été aussi riche de promesses. De nouvelles petites formations sont en train d’émerger. Leurs noms peuvent faire rêver : Oxygène, Demain, E-Change, En Marche.be, etc. Leurs créateurs veulent réformer la démocratie, lui redonner ses lettres de noblesse. Leur logique est la même : rassembler au-delà des clivages classiques, au-delà des partis politiques traditionnels. Toutefois, inscrire durablement une nouvelle offre politique est un pari risqué et la réussite d’Emmanuel Macron en France, grâce à "En marche", ne sera pas si facilement reproductible en Belgique.

"Ces formations politiques émergentes, ces protopartis, sont-ils le signe d’un changement de paradigme politique ?, s’interroge Benoît Rihoux (UCL), professeur au Centre de science politique et de politique comparée (Cespol). Ou bien s’agit-il simplement de mouvements qui ont pour but de devenir des partis classiques, de conquérir le pouvoir, de se plier aux logiques institutionnelles, aux rites parlementaires, aux règles de composition des listes ? Dans ces protopartis, on retrouve ces deux idées. Elles sont en tension : lancer un nouveau parti qui réussira électoralement et, en même temps, faire de la politique autrement."