Paris s’inquiète du micmac politique

M.Bu. Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Paris veille au grain (belge). Alors que les crises politico-communautaire se succèdent depuis 2007 à la vitesse d’un Thalys, les services diplomatiques français redoublent d’ardeur pour répondre aux questions et inquiétudes qui taraudent leurs autorités. "C’est un exercice normal", tempère une source diplomatique française tandis que la cadence des rapports envoyés vers Paris par les services français à Bruxelles sur la situation politique belge s’est considérablement accrue ces derniers mois - et encore davantage depuis la chute du gouvernement et l’approche de la présidence européenne.

Ainsi le président des nationalistes flamands, le N-VA Bart De Wever, a-t-il été convié à l’ambassade de France à Bruxelles le jeudi 4 mars afin d’expliquer son point de vue politique à Madame l’Ambassadeur. "L’échange a été très instructif", se borne-t-on à dire côté français. Goguenard, Bart De Wever se contente de confirmer et d’indiquer qu’il n’a (même) pas eu droit à un déjeuner... Que se passera-t-il si, le 13 juin, la N-VA fait un carton et devient une formation politique incontournable pour former un Exécutif fédéral? Quelles seront les priorités des nationalistes flamands ? Comment perçoivent-ils les francophones ? " On surveille avec beaucoup d’attention la N-VA", admet-on côté français.

Mais c’est un véritable défilé de (quasi) toute la rue de la Loi qui a eu lieu à l’ambassade française de Bruxelles puisque, tour à tour, Didier Reynders, Jean-Michel Javaux et Sarah Turine, Marianne Thyssen ou encore Alexander De Croo ont rencontré l’ambassadeur de France. Des contacts ont également été pris avec le ministre-Président flamand Kris Peeters. Il s’agit, avant tout de tâter le pouls des forces politiques belges et de rendre compte à Paris - notamment dans la perspective de la présidence européenne de la Belgique qui débute le 1er juin prochain.

"Il est exact que nous surveillons la situation politique belge de près ", explique la porte-parole de l’ambassade de France en Belgique, Audrey Lotton. Mais cela fait partie de notre travail habituel. "Jusqu’à présent, nous avons reçu toutes les assurances nécessaires de la part de nos interlocuteurs - notamment au niveau de la présidence européenne de la Belgique. Nous sommes rassurés". Interrogée pour savoir si une montée des séparatistes flamands de la N-VA inquiétait Paris, Audrey Lotton n’émet aucun commentaire. "Nous ne nous immisçons pas dans les affaires internes de la Belgique, ce n’est absolument pas de notre ressort", insiste-t-elle.

Ce message d’"apaisement politique" transmis en direction de Paris et des autres capitales européennes est coordonné, notamment, par le secrétaire d’Etat Olivier Chastel. "Nous insistons sur le fait que nous sommes tout à fait prêts pour la présidence" , explique-t-il, "et sur le fait qu’un gouvernement en affaires courantes n’est absolument pas un handicap pour la présidence européenne. Il n’y a donc aucune inquiétude à avoir à ce niveau-là".

Allez, voilà donc la France rassurée... Reste à convaincre les Belges.

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