Politique belge

Il n'y aura finalement pas de séance des commissions réunies de la Santé et de l'Economie de la Chambre à propos des derniers dossiers concernant l'Agence Fédérale de Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA). La majorité s'y est opposée et les questions seront traitées classiquement par l'une et l'autre commission à une date qui n'est pas encore fixée. L'opposition a dénoncé une intrusion du gouvernement dans le fonctionnement du parlement.

Mercredi passé, la conférence des présidents de la Chambre n'a pas fait d'objection à une séance conjointe des deux commissions à la suite de révélations anonymes concernant l'Agence. Des sources internes mettent en cause les interventions de membres du MR dans certains dossiers, ce que les intéressés démentent.

Selon l'opposition, le ministre de l'Agriculture, Denis Ducarme, a rechigné à se présenter devant les commissions réunies cette semaine ou la semaine prochaine, comme l'avait convenu la conférence des présidents, qui rassemble le président, les vice-présidents et les chefs de groupe de la Chambre.

Le point était inscrit à l'ordre du jour de la commission de la Santé mardi. Le chef de groupe MR, David Clarinval, a demandé que cette réunion des commissions conjointes soit annulée. Selon lui, elle ne se justifie pas. Il y aurait en outre, à l'entendre, une forme d'instrumentalisation de la conférence des présidents "par certains".

L'intervention a suscité l'étonnement de l'opposition. Le consensus était intervenu sur cette réunion, a fait remarquer Muriel Gerkens (Ecolo), et ces commissions s'étaient déjà réunies ensemble à propos des affaires du Fipronil et de Veviba.

"C'est un désaveu des chefs de groupe", a dénoncé Daniel Senesael (PS) qui redoute que le point soit reporté de 15 jours.

De manière plus générale, il ne revient pas au gouvernement d'organiser les travaux du parlement, a souligné pour sa part Catherine Fonck (cdH). "C'est un vrai problème que l'on accepte qu'un ministre mette son veto à une réunion de commission. Ce n'est pas le gouvernement qui choisit la façon dont il est contrôlé par le parlement".