Politique belge

Emmanuel Macron sera heureux d’apprendre que plusieurs partis politiques belges se revendiquent de son projet. Si l’on se base sur les communiqués de presse du CDH, de Défi et du MR envoyés aux rédactions dimanche soir, l’ancien ministre de François Hollande est l’homme providentiel. "Ni de gauche, ni de droite, Emmanuel Macron est libéral sur le plan économique", claironne Olivier Chastel. "Le CDH est heureux de voir Emmanuel Macron en tête du premier tour. Il démontre que la droite et la gauche, c’est dépassé", triomphe-t-on du côté de la rue des Deux Eglises. La palme du communiqué le plus chaleureux revient au parti d’Olivier Maingain : "Grâce à la lucidité d’Emmanuel Macron et à la clairvoyance des Français, la France représente l’espoir pour toute l’Europe. Les vieilles idéologies sont épuisées !"

"Le CDH est dans un paradoxe"

D’accord, mais laquelle de ces trois formations est la plus proche du jeune Macron ? Pour Pascal Delwit, professeur en science politique à l’ULB, c’est Défi qui arrive en tête. Suit le MR et enfin le CDH, le plus éloigné des trois par rapport à En Marche. "C’est le CDH qui en est le moins proche alors qu’il est présenté comme le parti le plus centriste, constate le politologue. Car Macron est libéral sur le plan socio-économique et libéral sur les questions de société. Sur des grandes questions telles que le cannabis, l’euthanasie, l’IVG, Macron est plus éloigné du CDH que de Défi, par exemple. Le MR est quant à lui dans un entre-deux, il est partagé sur les questions de société. Sur les questions socio-économiques, c’est également Défi qui en est le plus proche. Et le MR est plus proche de Macron sur ce point que ne l’est le CDH. Mais c’est une question de gradation. Le CDH est dans un paradoxe car il siège avec Les Républicains au Parlement européen tout en se revendiquant de Macron."