Politique belge

Paul Magnette, l'ancien ministre-président de la Région wallonne était l'invité de Matin Première sur la RTBF ce jeudi matin. Le Bourgmestre de Charleroi était interrogé sur la grande polémique qui agite la Flandre politique depuis quelques jours : les révélations par la presse de malversations financières de la part Tom Meeuws lorsque celui-ci était directeur des transports en commun De Lijn à Anvers.

Une nouvelle affaire qui entache l'image des socialistes du nord du pays ? "Non, c'est une affaire qui démontre qu'il y a aussi de grands problèmes en Flandre, répond Paul Magnette. Il y a eu autant d'affaires politiques à Anvers, même beaucoup plus qu'à Charleroi à l'époque."

Selon l'ancien numéro 1 wallon, l'explication provient d'une différence de traitement de la part des médias lorsque des scandales sont révélés.

"Quand on fait quelque chose de mal en Wallonie, cela explose médiatiquement et c'est très bien, je ne le conteste pas. Mais en Flandre, il y a longtemps eu de la complaisance pour ne pas abîmer l'image de la Flandre. Je peux vous assurer qu'en termes d'ampleur et de montants, à côté les grandes affaires de fraudes fiscales dans l'immobilier en Flandre, les Wallons font figure de petits arnaqueurs. On doit avoir la même sévérité sur les scandales en Flandre que quand ils se produisent en Wallonie et à Bruxelles."


L'affaire Tom Meeuws et l'éclatement du cartel Groen / sp.a censé faire chuter Bart De Wever à Anvers

Tom Meeuws a fait l'objet d'articles de presse mardi relayant des accusations anonymes de malversations financières qui auraient précédé son départ précipité, en 2015, de la direction des transports en commun De Lijn à Anvers.

Réfutant ces accusations, M. Meeuws n'en a pas moins présenté sa démission mardi soir, un geste salué par Groen pour qui la violence des attaques contre l'intéressé occultait désormais les débats de fond.

Mais dans la nuit, la section sp.a d'Anvers a rejeté la démission de Tom Meeuws, qui reste donc candidat socialiste.

Entre-temps, le président du sp.a John Crombez a accusé le N-VA Marc Descheemaecker, président de De Lijn et de Brussels Airport et ancien patron de la SNCB, d'avoir été à l'origine des fuites dans la presse contre M. Meeuws, ce que M. Descheemaecker a réfuté.

Lors d'un point presse mercredi midi, Tom Meeuws a déploré le retrait de Groen et considéré que les Verts avaient plié sous la pression d'une "campagne inouïe de dénigrement personnel".

Il s'est réjoui du soutien de son parti, a annoncé le dépôt d'une plainte contre De Lijn, mais aussi la formation dans les prochaines semaines d'une liste socialiste présentant de nouvelles figures. Il laisse la porte ouverte à une collaboration avec Groen après les élections.

De son côté, le président du sp.a John Crombez a estimé particulièrement regrettable qu'il soit mis fin au projet commun unissant à Anvers les écologistes, les socialistes et des candidats indépendants. Il a dit vouloir regarder vers l'avenir. "Ce projet représentait une opportunité contre le cynisme qui gangrène la politique. Ce n'est pas un beau jour pour tous ceux qui pensent que la politique doit servir à résoudre les problèmes de société, à protéger les gens contre de nouvelles fragilités et à favoriser plus d'égalité en ces temps de profonds changements sociétaux", a-t-il dit.

L'affaire connaît aussi des rebondissements chez De Lijn, où le directeur général Roger Kesteloot a, selon la VRT, reproché au conseil d'administration les fuites dans la presse d'informations confidentielles, dont seuls quelques membres du comité de rémunérations avaient connaissance, et qui ont fait plonger le groupe dans la campagne électorale.