Politique belge

Un Bureau extraordinaire du Parti socialiste a élu ce jeudi soir à l'unanimité le nouveau bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette, comme président faisant fonction du parti. Aussitôt désigné, ce dernier a proposé la désignation du patron des Mutualités socialistes Jean-Pascal Labille à sa succession au sein du gouvernement fédéral, ce dernier ayant été ensuite nommé par le Roi.

M. Magnette succède à Thierry Giet qui assumait la présidence à titre intérimaire depuis le 6 décembre 2011, lors de la nomination d'Elio Di Rupo comme Premier ministre. Le chef de groupe à la Chambre a indiqué avoir demandé au Bureau d'être déchargé de sa fonction de sorte qu'un nouveau président puisse s'attaquer aux nombreux défis, budgétaires en 2013, mais surtout électoraux en 2014, année "cruciale pour le pays", qui attendent le parti.

M. Magnette a accepté le défi, qu'il ne juge pas incompatible avec la charge de bourgmestre qui l'attend à Charleroi. Il s'agit de missions "complémentaires", a-t-il jugé, estimant que l'échelon communal constituait un excellent "observatoire" de la vie citoyenne.

M. Magnette a indiqué vouloir agir "aux côtés" de Laurette Onkelinx, qui fut sa partenaire au gouvernement et qui a été désignée jeudi présidente de la fédération bruxelloise du PS. Cette dernière dit avoir accepté cette nouvelle fonction, vu la "forte demande des militants", par envie, mais aussi "par devoir", les mois et années qui viennent s'annonçant "cruciaux pour Bruxelles" et à travers elle pour "l'avenir du pays".

Crédit photo: Reporters

Jean-Pascal Labille, l'homme de l'ombre désormais sous la lumière

M. Labille succède ainsi à Paul Magnette. "Sur proposition du Premier ministre (Elio Di Rupo), le Roi a accepté la démission de M. Paul Magnette comme ministre des Entreprises publiques, de la Politique scientifique et de la Coopération au développement, chargé des grandes villes", a indiqué le Palais dans un communiqué. M. Labille a prêté serment entre les mains du Roi, ce jeudi soir, en présence du Premier ministre au Château du Belvédère à Bruxelles.

Jean-Pascal Labille a quelque peu le profil d'un homme de l'ombre. Agé de 51 ans, il a fait son chemin dans le sérail socialiste jusqu'à accéder au secrétariat général des Mutualités socialistes.

Il détient de nombreux mandats: administrateur de la Société régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW, l'un des trois outils financiers de la Région wallonne), de la société d'assurances P&V, président de Wallimage, etc. Il a également présidé le comité de gestion du Forem et collaboré durant dix ans au cabinet de révisorat de l'ancien ministre Michel Daerden, un Liégeois comme lui.

Jean-Pascal Labille est considéré comme étant proche d'un autre Liégeois, Jean-Claude Marcourt, vice-président du gouvernement wallon dont l'influence au sein du PS semble croître. Les deux hommes ont d'ailleurs suivi des parcours qui se ressemblent.

Adoubé par Guy Mathot, M. Marcourt a un long passé de chef de cabinet, dont plusieurs années au service de la vice-Première ministre Laurette Onkelinx, et a été désigné ministre de l'Economie alors qu'il n'avait jamais été élu et était inconnu du grand public.

Quand il a été question l'an passé d'un groupe "W", groupe informel de réflexion de tendance régionaliste constitué autour de M. Marcourt, le nom de M. Labille est également revenu à côté de celui du secrétaire général de la FGTB wallonne, Thierry Bodson, ou du recteur de l'Université de Liège (ULg), Bernard Rentier.

Sur Twitter, Elio Di Rupo a souhaité "Bienvenue à Jean-Pascal Labille, nouveau Ministre des Entreprises publiques & de la Coopération au développement, chargé des Grandes Villes".