Politique belge Le risque d'activation du plan de délestage a été réduit mais il est toujours présent. Selon Elia, il manque toujours 700 à 900 MW pour maintenir la sécrurité d'approvisionnement tout au long de l'hiver. Dès la mi-octobre, la situation commencera à être tendue mais les mois les plus à risque seront janvier et février.

Le risque de délestage (coupures d'électricité) cet hiver dû à l'indisponibilité de six des sept réacteurs nucléaires a été significativement réduit, a annoncé le gestionnaire du réseau de transport d'électricité Elia.

La capacité supplémentaire nécessaire pour pouvoir maintenir la sécurité d'approvisionnement tout au long de l'hiver est revue à la baisse et passe de 1.600-1.700 mégawatts (MW) à 700-900 MW, selon le CEO d'Elia Chris Peeters.

Les 750 MW annoncés grâce aux mesures supplémentaires et l'avancement du programme de maintenance de Tihange 1 "ne suffisent pas encore pour respecter les critères légaux" de sécurité d'approvisionnement, concède Elia. Mais ils permettent de "réduire significativement le risque de délestage", selon lui.

Ce lundi, le gestionnaire de réseau français RTE a confirmé que de l'énergie sera "sans doute disponible" pour le marché belge (jusqu'à plus de 1.000 MW), même en cas d'hiver très froid (qui ne survient qu'une fois tous les dix ans), a ajouté M. Peeters.

De la sorte, les prévisions d'approvisionnement pour la Belgique ont évolué d'un hiver "extrêmement difficile" à un hiver où les périodes problématiques et le risque de délestage ont diminué.

La situation commencera à être tendue à la mi-octobre. Selon Elia, il manque toujours quelques mégawatts pour le mois de novembre même si ce mois connaît une évolution positive. En outre, "janvier et février 2019 nécessitent encore des mesures supplémentaires", principalement en raison des possibilités limitées d'importation.

Tihange 3 de retour dès janvier?

Par ailleurs, la task force (Elia, Electrabel, Creg ...) mise en place pour répondre à la crise envisage sérieusement le retour de Tihange 3 dès janvier, alors que le planning d'Electrabel prévoit un redémarrage le 2 mars. "En toute sécurité", précise Elia.

On verra si l'Agence fédérale de contrôle nucléaire, qui ne fait pas partie de la task force, se laissera convaincre.

"La dégradation du béton a été sous-estimée", explique l'AFCN

Le directeur général de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), Frank Hardeman, a estimé mardi que la dégradation du béton constatée dans les parties non nucléaires des deux centrales nucléaires avait été sous-estimée. "On a longtemps considéré que c'était une dégradation de béton sans impact sur la structure", a indiqué M. Hardeman, interrogé en sous-commission de la Chambre sur la sécurité nucléaire. C'est pour cette raison que la maintenance a dans un premier temps été "superficielle".

Les parties des centrales nucléaires affectées par les problèmes de dégradation de béton concernent des systèmes de sécurité de réserve. Mais ils doivent être opérationnels pour assurer le fonctionnement de la centrale contre, par exemple, les chutes d'avion.

Le réacteur Doel 3 en a été affecté mais est redevenu opérationnel après réparation du béton touché par l'humidité, tandis que Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3 sont à l'arrêt pour cause à la fois de révision planifiée et de réparation de leurs bétons.

Le patron de l'AFCN ajoute que le problème est maintenant traité de manière "pro-active" par l'exploitant (Engie-Electrabel).


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