Philippe Goffin (MR) attaqué de toutes parts

Bruno Boutsen Publié le - Mis à jour le

Politique belge

En cette période préélectorale, et donc suspecte, un vent favorable nous a fait parvenir un courrier anonyme, dont le contenu est en outre corroboré par d’autres sources. Directement visé : le bourgmestre de Crisnée, Philippe Goffin (MR). Candidat à sa propre succession lors de ces élections communales, celui-ci a, de par une manière de faire disons originale, quelque peu dérouté, durant la législature écoulée, s’attirant au passage les foudres de l’opposition qui l’a qualifié de " Berlusconi hesbignon ".

Parmi les pratiques dénoncées dans cette lettre : l’utilisation d’une ASBL dénommée "Crisnée en toute liberté" et dont l’objet social est " l’encadrement technique et logistique des activités de la section locale du parti réformateur libéral ". Les statuts de cette ASBL ont été modifiés récemment et elle permettrait au MR local de financer ses campagnes électorales. Le hic, selon l’informateur, rejoint en cela par divers contacts locaux, c’est la confusion des genres qui résulterait de l’utilisation de ladite ASBL dans le cadre d’activités comme le bal du bourgmestre ou la tentative de record du monde à vélo, organisés en juin en marge du passage du Tour de France.

Plus interpellant encore : le fait que, dans ce cadre, le bourgmestre de Crisnée aurait utilisé non seulement un bâtiment communal mais aussi et surtout des ouvriers ainsi que des véhicules de la commune. Photos à l’appui (!), le dénonciateur montre ainsi la présence d’engins et d’ouvriers communaux " travaillant manifestement pour le compte et sous l’autorité du MR durant leurs heures de travail ". Ce qui n’est pas, dit-il, sans rappeler d’autres cas similaires ailleurs dans la province

La gestion de Philippe Goffin est également mise en cause de manière frontale en matière immobilière. A cet égard, plusieurs dossiers, dont certains ont d’ailleurs déjà suscité l’ire de l’opposition, sont évoqués. A commencer par celui ayant trait à l’achat récent par l’épouse du maïeur d’une maison dont le terrain borde la grand-route mais sans y avoir accès car un autre terrain, communal, l’en sépare ou plutôt l’en séparait. Ce terrain fut en effet revendu par la commune à un particulier tout comme d’ailleurs, entre-temps et à ce dernier, une partie du vaste terrain propriété de l’épouse de Philippe Goffin. Pendant ce temps également et avant l’acte notarié passé en février 2012, l’acheteur a constitué (à la fin de l’année 2011) une société de promotion immobilière. De quoi, pour certains, se poser des questions quant au rôle joué par le maïeur crisnéen.

Deux autres dossiers sont également épinglés dont celui du hall Festraets. Soit un site de quatre hectares (dont trois sont situés en zone agricole) récemment acquis par la commune de Crisnée en vue d’y construire une nouvelle maison communale. C’est le montant, jugé exorbitant, d’un million d’euros dépensé pour ce faire qui fait jaser, d’autant que la commune aurait renoncé à demander des subsides. Autre élément qui ne manque pas d’interpeller : l’attribution d’un des deux marchés déjà passés à un bureau d’architecture lié à une société de construction dont le frère du bourgmestre Goffin est administrateur-délégué. Sans compter que dans le cadre d’un autre chantier toujours en cours à Crisnée et ayant trait aux salles communales Joseph Vanmal, c’est la société de livraison de matériaux de la sœur de ce dernier qui fut désignée, avant toutefois que le marché ne soit résilié et attribué à une autre société...

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