Politique belge

Sa pugnacité et ses excès lors d'interviews ont fait sa marque de fabrique. Même certains camarades socialistes ont parfois dû encaisser publiquement les saillies dont Philippe Moureaux a le secret. Aujourd'hui, le ton est moins acerbe, la voix plus posée, l’œil davantage plissé. La maladie affaiblit le septuagénaire, désormais retiré dans la chaleur de son appartement de Molenbeek, entre ses rangées de livres, ses collections d'antiquités et ses porcelaines de Tournai.

Celui qui fut, entre autres, ministre fédéral, président de la Communauté française, bourgmestre et chef du PS bruxellois reste cependant attentif aux soubresauts de la vie politique. "Tous les matins, je passe vingt minutes à consulter des sites d'informations sur ma tablette", confie "Flupke Moustache".

Philippe Moureaux est l'Invité du samedi de LaLibre.be.

Comment vous portez-vous ?

Pas trop bien. J'ai un cancer avec des effets collatéraux assez désagréables. Mais je ne tiens pas à détailler mes malheurs, c'est personnel.

Comment vos journées sont-elles rythmées ?

J'ai récemment passé des vacances en Auvergne, dans les montages, où j'ai pu être très actif : jardinage, cuisine, lecture. Ces derniers jours, j'ai eu un sale coup, je suis un peu végétatif, il faut essayer que j'en sorte. Je continue en tout cas à dévorer l'actualité.

Le PS est mal en point : opposition au fédéral, rejet en Wallonie, mauvais sondages, scandales... Voir votre parti dans cet état, cela fait mal ?


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