Plan B : "Marre des foucades sans lendemain"

Entretien Mathieu Colleyn Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Dans La Libre de ce samedi, Olivier Maingain, le président du FDF, fait le tour de l’actualité politique. Extrait

Les communales. Enjeu national ou pas ?

C’est d’abord l’enjeu de la gestion locale. Mais on ne peut sous-estimer un double enjeu. En Wallonie : comment enfin mettre fin à un certain nombre de baronnies qui paralysent la gestion publique ? D’autre part : comment ignorer que Bruxelles va être au cœur d’une nouvelle bourrasque institutionnelle qu’annoncent les partis du nord du pays ? Et ce seront les communes qui seront en ligne de mire. Pourquoi ? Car on n’a pas encore triché avec le suffrage universel dans les communes, il n’y a pas de surreprésentation flamande garantie, il n’y a pas un bourgmestre adjoint flamand, etc. Dès lors, l’argumentation qui consiste à prôner la fusion des communes, des zones de police, n’a rien à voir avec une question de meilleure gestion. Ils avancent cette exigence car ils savent que le poids relatif des électeurs flamands est devenu à ce point insignifiant qu’il leur sera très difficile d’exiger une représentation garantie.

On ne peut pas dire que ce soit un thème de campagne…

Il faut lire ce que disaient certains responsables politiques flamands au moment de la réforme de l’Etat : "Les communes bruxelloises passeront à la moulinette de nos exigences". Comme toujours, on fait semblant que la tempête ne s’annonce pas mais je vous promets que dès le lendemain des élections communales, vous verrez des Flamands dire qu’il faut mettre au pas les communes bruxelloises.

Ce genre de débat arrange De Wever, il cherche à orienter la campagne au plan national.

Le succès de la N-VA est révélateur de l’échec de la réforme de l’Etat. On a demandé aux francophones de sacrifier leurs intérêts essentiels, de se mettre en péril quant à leur prospérité pour tenter de vaincre la montée de la N-VA en Flandre. Le résultat n’est pas là et il ne fallait pas être un génie pour le deviner. Dès qu’on entre dans la logique du confédéralisme, on donne l’élan supplémentaire à la N-VA. Certains ont choisi de cacher la vérité. Le retour du boomerang fera très mal.

Charles Picqué et Benoît Lutgen appellent à une concertation francophone.

Tout d’un coup, il y a une lucidité qui s’installe chez certains responsables politiques francophones. Il fallait l’avoir avant la réforme de l’Etat. C’est trop facile de précipiter le pays vers le pire et puis de dire qu’il faut se préparer au pire. Je ne suis pas amateur d’un plan B pour le plan B, ce catastrophisme selon lequel, enfin, les francophones se réveillent quand le ciel leur tombe sur la tête ! Quelle que soit l’évolution institutionnelle de la Belgique, il est temps de fortifier la Fédération Wallonie-Bruxelles, de lui donner une véritable ambition. Charles Picqué et Rudy Demotte ont fait un jour une opération cosmétique de dénomination et puis plus rien. Ceux qui disent qu’il y a urgence, qu’ont-ils fait ? Ils étaient au pouvoir. Je veux bien participer, mais plus à des foucades sans lendemain.

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