Politique belge

Le MR "déplore" mardi, dans la foulée des critiques de l'Open Vld et du CD&V lundi, la libération de "criminels" des centres fermés afin de faire de la place à des migrants en transit. Par la voix de son chef de groupe à la Chambre David Clarinval, le parti du premier ministre Charles Michel souligne que la politique d'asile et d'immigration "mérite des actes plutôt qu'une communication frénétique". Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken et le ministre de l'Intérieur Jan Jambon mettent en œuvre un plan d'action relatif aux migrants en transit. Comme il en a l'habitude, Theo Francken s'est répandu dans les réseaux sociaux et les médias ces derniers jours, annonçant l'ouverture d'un centre administratif au centre 127bis et suggérant l'ouverture d'un nouveau centre fermé. Alors que des parkings où se réunissent des migrants en transit espérant passer en Angleterre ont été fermés par les bourgmestres, des places ont été libérées en centre de rétention pour les y enfermer. Or, parmi les personnes libérées, plusieurs dizaines d'entre elles étaient connues pour troubles de l'ordre public. Certains ont été condamnés et libérés par la justice à l'issue de leur peine.

Theo Francken avait fait de l'expulsion des criminels en séjour illégal un axe de sa politique. "Comme le prévoit l'accord de gouvernement, l'expulsion des délinquants en situation illégale doit être une priorité de notre action. Cette situation ne peut donc pas se reproduire. Il est urgent que l'administration reçoive des consignes claires à ce sujet", a réagi mardi David Clarinval.

Le chef de groupe MR enfonce par ailleurs le clou en s'interrogeant sur l'"intérêt" et l'"efficacité" du remplacement de délinquants par des transmigrants en centres fermés. "Pourquoi faire sortir 60 personnes d'un centre fermé alors que leur retour est programmé, pour y loger des transmigrants dont on ne sait pas encore s'ils pourront être expulsés vers leur pays d'origine?", se demande-t-il.

David Clarinval appelle à une approche globale de la question des transmigrants, passant par une meilleure sécurisation des aires d'autoroute, des parcs et des ports, l'augmentation de la capacité des centres fermés comme convenu par le masterplan prison, le renforcement de la lutte contre les passeurs, l'intensification des contrôles de police, des campagnes de dissuasion plus fortes dans les pays d'origine et une politique de retour plus systématique au niveau belge et au niveau européen via notamment des accords de réadmission.

Et le député réformateur de conclure: "ce n'est qu'en agissant de la sorte que nous pourrons convaincre que si la Belgique est une terre d'asile, c'est aussi avant tout un État de droit".