Politique belge

"La Belgique respecte et respectera les conventions européennes et internationales" en matière d'asile et d'immigration, a assuré mercredi le Premier ministre Charles Michel, en marge d'une visite dans les bureaux d'Europol à La Haye, aux Pays-Bas.

Le Premier ministre réagissait ainsi aux propos tenus la veille par le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration. Theo Francken avait notamment insisté pour que l'Europe puisse à nouveau réaliser des refoulements (push-backs) de bateaux de migrants et déclaré qu'il faudrait pour ce faire contourner l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), avant de nuancer ses propos quelques heures plus tard. Ces déclarations avaient suscité un tollé dans l'opposition.

"Je constate que, dans l'opposition, certains veulent détourner l'attention et éviter systématiquement les sujets de fond. La Belgique respecte et respectera les conventions européennes et internationales", a lancé Charles Michel.

"J'ai parfois l'impression que l'opposition ne plaide qu'en faveur de frontières totalement ouvertes sans le moindre contrôle, ce qui est totalement irresponsable."

"Au niveau européen, je regrette que l'on ait pas encore pu renégocier les accords de Dublin", a-t-il ajouté.

"Je n'ai pas de leçons à recevoir de la part de l'opposition qui voit des outrances partout. J'assume pleinement la position du gouvernement sur cette question", a-t-il conclu.

Contacté par La Libre, mardi, le cabinet de Charles Michel (MR) indiquait que le gouvernement n’a pas pris de décision à ce sujet et qu’il respectera le droit international. "Theo Francken devra rendre des comptes lors d’un prochain Conseil des ministres" , tempère Frédéric Cauderlier, porte-parole du Premier ministre.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon, qui accompagnait M. Michel à La Haye a rappelé que le cabinet de Theo Francken avait nuancé le propos du secrétaire d'Etat. "Je n'ai vu la polémique qu'après les précisions de son cabinet", a-t-il indiqué. Selon l'équipe du secrétaire d'Etat, Theo Francken "n'a pas voulu dire que l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme devait être contourné, mais bien l'interprétation large qu'en a donnée la Cour européenne des droits de l'homme."