Politique belge

Un débat organisé sur le plan de lutte contre la radicalisation du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a donné lieu mercredi à quelques échanges électriques entre le PS et l'opposition MR, hérissée par les propos de Rudi Vervoort et Rachid Madrane envers la politique anti-djihadiste du gouvernement fédéral où siège le MR. "Ces dérapages sont inadmissibles dans un Etat de droit", a fustigé la cheffe de groupe MR, Françoise Bertieaux, renvoyant la responsabilité, selon elle, du parti socialiste dans la montée du communautarisme et du radicalisme chez nous.

Le PS, par sa "stratégie électoraliste" envers la communauté immigrée, "porte une responsabilité lourde dans cette fissure de la société", a-t-elle accusé, déchaînant un échange bref mais vif d'invectives entre les bancs socialistes et réformateurs.

"Dix-sept victimes innocentes (celles de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher de Paris, ndlr), cela mérite un vrai débat serein...", a répliqué la cheffe de groupe socialiste, Christiane Vienne. Des propos qui furent entendus, le reste des près de quatre heures de débat sur le plan gouvernemental se déroulant dans une ambiance nettement plus pacifiée.

Présenté le 16 janvier dernier, une semaine après les événements tragiques de Paris, celui-ci avance une batterie de mesures à mettre en oeuvre au niveau de l'enseignement, de la formation des imams, de la culture, du suivi des jeunes placés en IPPJ, ou encore du sport, soit les compétences de la Fédération.

Dans son intervention, le chef de groupe Ecolo, Christos Doulkeridis, a mis en garde le gouvernement contre l'une des faiblesses, selon lui, de ce plan qui ne s'intéresse pas suffisamment au rôle joué par les médias de masse dans la représentation des minorités relgieuses.

Pierre-Yves Jeholet (MR) a, lui, posé la question des moyens qui devront être trouvés pour financer toutes ces politiques, alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles entame une année budgétaire particulièrement délicate. "La sincérité de vos motivations se vérifiera lors du prochain débat sur l'ajustement budgétaire (prévu en mars, ndlr)...", a-t-il résumé.

Touché par l'attaque du MR contre la "stratégie électoraliste" du PS envers les immigrés, Béa Diallo (PS), a rappelé que ces personnes, tout comme lui, sont belges.

"Je suis né ici à Bruxelles, je suis un ketje de Bruxelles!", a-t-il lancé à l'adresse du MR. "Moi, j'ai défendu les couleurs de la Belgique, j'ai chanté la Brabançonne, je la connais, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de personnes qui se disent 'belges'", a dit l'ancien boxeur professionnel sous une volée d'applaudissements.

"La prochaine fois, on vous donnera un peu plus de temps de parole, M. Diallo. Comme cela vous pourrez nous chanter la Brabançonne...", a plaisanté le président de l'assemblée Philippe Courard, contribuant ainsi à faire retomber davantage la tension.