Pourquoi aucun Flamand ne veut être Premier ministre?

V.d.W. Publié le - Mis à jour le

Politique belge La Belgique compte 11 millions d’habitants. Quelque 4,5 millions de francophones, 6,5 millions de Flamands. Lorsqu’on regarde la liste des Premiers ministres qui ont présidé aux destinées de la Belgique, on se rend compte que ce poste a été occupé, la plupart du temps, par des hommes politiques issus du Nord du pays.

Pourquoi ? Pendant très longtemps, le "16", rue de la Loi a été occupé par les démocrates chrétiens flamands (CVP), parce que le parti était très largement le plus grand parti de Flandre mais aussi du pays. Mais aussi parce que ces hommes d’Etat maniaient parfaitement les deux, voire les trois langues nationales. Le candidat que le PS envoya en 1973 ne résista pas longtemps : Edmond Leburton occupa furtivement la fonction, avant d’être balayé par l’affaire Ibramco. Il est évident que son gouvernement des 36 chandelles (36 ministres…) et son unilinguisme obtu ne passaient pas en Flandre.

Les années 80-90 ont été marquées par un retour en force des CVP : Martens, Eyskens, Dehaene… jusqu’à l’arrivée d’un libéral, mais toujours un Flamand, Guy Verhofstadt. Puis retour, comme si c’était une chasse gardée, aux hommes du CD&V : Yves Leterme et Herman Van Rompuy. Avant, bien sûr, l’arrivée inattendue d’Elio Di Rupo qui, contre toute attente, aura tenu, non pas l’espace d’un matin, mais bien plus de deux.

On aurait pu penser - comme Bart De Wever - que la Flandre chercherait par tous les moyens de récupérer ce poste. Mais pour qui ? Yves Leterme est parti et veut rester à Paris. On nous a "volé" Herman Van Rompuy. Pieter De Crem, le ministre de la Défense nationale, a un profil sans doute trop marqué à "droite". Et Wouter Beke, le président du CD&V souhaite rester aux commandes de son parti.

Dans les autres formations, c’est le désert. Au VLD, il n’y a plus aucun grand format fédéral. Alexander De Croo s’est un peu brûlé. Au SP.A, Johan Vande Lanotte pourrait être tenté, mais son parti est bien trop faible et si le poste est pour un socialiste, il sera francophone. Bart De Wever ? Donner les clés d’une maison à un homme qui se présente avec un bidon d’essence et des allumettes, c’est quand même risqué. 


Pourquoi Kris Peeters ne veut pas être "Premier"?

C’est la question qui hante les instances du CD&V depuis un certain nombre de mois. Qui donc le parti va-t-il envoyer au "casse-pipe" ? Autrement dit, qui sera le candidat du parti au "Seize", là où se trouve le bureau du Premier ministre fédéral ?

Pendant une très longue période de l’histoire de la Belgique, le CD&V a squatté cette fonction, au point qu’à une certaine époque, on ne se demandait pas qui serait Premier mais quel social-chrétien flamand occuperait cette fonction.

Le dernier espoir, au CD&V, reposait sur les épaules de Kris Peeters, ministre-Président du gouvernement flamand. Mais il a fait savoir qu’il n’était pas candidat au "16" et qu’il entendait plutôt briguer un nouveau mandat de 5 ans à la tête de l’exécutif flamand. "Le prochain gouvernement flamand recueillera les fruits de ce que l’équipe actuelle a semé dans un contexte budgétaire qui lui aura valu du sang, de la sueur et des larmes".

Présent sur une liste régionale, il est donc normal qu’il soit candidat à une fonction régionale. D’autant que sa dernière expérience fédérale (la présidence du dialogue de communauté à communauté) fut une véritable catastrophe. Cela dit, le moment venu, Kris Peeters fera sans doute ce que son parti lui imposera…


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