Politique belge

Les grands pontes des partis flamands se sont déchaînés vendredi à propos de la nomination de l’ancien ministre CD&V Steven Vanackere comme nouveau membre du comité de direction de la Banque nationale de Belgique (BNB). Les critiques émanaient même de l’intérieur du gouvernement Michel allant. En cause ? Le fait que cette désignation signifie un comité de direction exclusivement masculin. Steven Vanackere remplace en effet Marcia De Wachter (étiquetée CD&V) qui était la seule femme à en faire partie.

Cette dernière fut d’ailleurs, à l’unisson avec le mouvement féminin du CD&V Vrouw&Maatschappij, la première à regretter qu’il ne soit pas possible de trouver une femme compétente pour ce haut poste. Dans un tweet très acerbe, Marcia De Wachter ne s’est pas privée de railler le fait qu’il y aura bientôt plus de représentants de la famille de l’homme d’affaires Albert Frère dans l’histoire du conseil de régence qu’il n’y aura de femmes –  faisant ainsi allusion à la récente nomination de Cédric Frère à la place de son père Gérald Frère qui, lui-même, avait succédé à son père Albert Frère.

Steven Vanackere est proposé pour remplacer Marcia De Wachter, seule femme au sein du comité de direction de la Banque nationale.
© Belga

Pas de discussion au gouvernement

Alors que la polémique enflait, le vice-Premier N-VA, Jan Jambon a tweeté sur le sujet vendredi matin pour faire valoir que la nomination de Steven Vanackere n’avait pas fait l’objet de discussion au sein du gouvernement fédéral. Le vice-Premier Open VLD Alexander De Croo y est aussi allé de sa petite sortie. “Je ne peux pas accepter l’idée qu’en 2018, il n’a pas été possible de nommer une femme au comité de direction”, a-t-il expliqué. Et de se demander s’il était bien nécessaire d’avoir autant de fonctions si bien rémunérées à la BNB.

Par tweet une fois encore, le président du CD&V Wouter Beke a fait comprend que “le CD&V n’avait de leçons à recevoir de personne”. Et de se défendre en donnant des chiffres (favorables pour son parti par rapport à la N-VA et à l’Open VLD) sur la répartition des femmes au sein des parlements et des gouvernements. Et de rappeler aussi une proposition de loi de la députée sociale-chrétienne Griet Smaers allant dans le sens des revendications d’Alexander De Croo.

Groen a, quant à lui, sorti un communiqué pour appeler la N-VA et Open VLD à revenir sur cette nomination. “Vu qu’il apparaît que deux partis membres du gouvernement ont pris leur distance par rapport à cette nomination, nous demandons au gouvernement de revenir sur cette décision”, souligne le communiqué. Groen rappelle également que la BNB est une société cotée (pour 50 % du capital) et qu’elle ne respecte donc pas l’article 518bis du droit des sociétés, qui exige que le conseil d’administration comporte un tiers de femmes.

Le rapport entre le nombre d'hommes et de femmes siégeant au comité de direction de la Banque nationale "peut et doit être amélioré", a affirmé de son côté le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), qui fera des propositions de réforme de l'institution au gouvernement.

À partir de 2019, le comité de direction de la BNB sera ramené de sept à six personnes. Le gouverneur Jan Smets (CD&V), qui part à la pension fin 2018, sera remplacé par l’actuel vice-gouverneneur Pierre Wunsch, ancien chef de cabinet de Didier Reynders (MR). Le CD&V va passer de deux représentants à un seul avec l’arrivée de Steven Vanackere.