Pourquoi le parti Islam fait-il peur ?

N. G. Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Le nouveau parti Islam, fort de ses deux élus à Bruxelles -- Redouane Ahrouch à Anderlecht (à gauche sur notre photo) et Lhoucine Aït Jeddig à Molenbeek (à droite) -- ne manque pas de susciter l’inquiétude de certains citoyens. Comme en témoigne une pétition en ligne, lancée il y a à peine deux jours, et qui avait déjà récolté hier soir plus de 9.000 signatures. “Redouane Ahrouch a clairement exprimé son souhait de faire de la Belgique un État islamique et d’y instaurer la charia, loi islamique, en totale opposition à nos lois démocratiques belge et européenne”, déclare la pétition qui entend bien faire interdire le parti.

Contacté par nos soins, Redouane Ahrouch rappelle qu’il a été élu démocratiquement. “Avec 2 élus sur 685 en Région bruxelloise je ne comprends pas comment on peut faire peur. Je crois que c’est le mot Islam qui provoque ça. Mais on aurait très bien pu s’appeler Liberté. À cause des Talibans, du terrorisme ou de la charia, l’Islam souffre d’une mauvaise image. Mais nous sommes des démocrates. L’islam, c’est faire évoluer les mentalités, être dans le dialogue. Ce n’est pas moi tout seul qui vais changer la politique de la commune”, défend le futur conseiller communal.

Par contre, l’élu confirme vouloir instaurer, à terme, la charia en Belgique. “Nous voulons expliquer la loi de Dieu et si le peuple le désire, nous voulons instaurer la charia à la suite d’un referendum dans 10-15 ou 20 ans. Bien sûr, à l’heure actuelle, il est trop tôt. La société n’est pas prête. On devrait couper trop de mains”, ose Redouane Ahrouch.

Pas question non plus pour l’élu de renier les convictions qui étaient les siennes en 2009, lorsqu’il s’est présenté sur la liste du parti islamique Noor. Son programme prévoyait notamment le retour de la peine capitale pour les crimes “odieux”, l’interdiction de la mixité dans certains lieux publics comme les écoles ou les piscines et la possibilité de se marier dès l’adolescence.

“Nous avons maintenant une autre stratégie plus pragmatique. C’était peut-être un peu trop ambitieux.” Et à propos du mariage pour les adolescents : “cela pourrait être une bonne chose au lieu de favoriser les pilules contraceptives dès 12 ans. Si le mariage se fait avec le consentement des parents, c’est positif. Il ne s’agit évidemment pas de favoriser le mariage de petites filles avec des vieux hommes”, défend-il.

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