Politique belge

C’est après huit heures d’auditions, mardi, que la commission Publifin a décidé de libérer Pol Heyse, le CFO (directeur financier) de Nethys. L’homme n’est pas un politique - il l’a répété très souvent. Il a travaillé pour Albert Frère et pour le groupe RTL. 

Manifestement compétent dans son domaine, celui qui, de l’aveu même de Stéphane Moreau, touche une rémunération avoisinant les 600 000 euros annuels se permettra même une petite recommandation aux députés wallons : "Les filiales de Publifin devraient pouvoir bénéficier de subside, parce que nous créons de l’emploi et de l’activité", a t-il ainsi expliqué, non sans provoquer un certain émoi dans les rangs parlementaires. Jean-Luc Crucke (MR) lui répondra que le groupe pour lequel il travaille "est la preuve qu’on peut créer de l’emploi sans subsides".

Comité

Lorsqu’il s’est agi de s’expliquer sur les rémunérations pratiquées dans les comités de secteur, le député Ecolo, Stéphane Hazée a fait remarquer que, dans les documents transmis par le groupe Publifin à la tutelle régionale, en décembre 2016, une phrase du procès-verbal du CA de juin 2013 créant les comités de secteur et décidant des rémunérations avait été escamotée. Une phrase qui attribue au comité de rémunération de Publifin la responsabilité de définir les modalités de rémunération des comités de secteur. Et qui stipule que ces rémunérations devaient être les mêmes que dans un précédent comité de secteur gaz, constitué en 2010 et dissous en 2013. Au sein de ce comité, deux tiers des membres étaient payés au jeton de présence. Dans les trois comités de secteur posant problèmes, elles sont devenues fixes, mensuelles et pour tous les membres. Sans que la présence de ces derniers soit obligatoire.

Pol Heyse s’est d’abord montré bavard. Il a notamment précisé que dans ce PV, il n’est nulle part écrit que "les membres doivent être payés au jeton de présence". Par contre, il n’a pas été capable d’expliquer pourquoi il revenait au comité de rémunération de définir ces modalités, alors que c’est le CA qui a pris la décision. Après quoi Pol Heyse s’est retranché derrière sa fonction chez Nethys. Une fonction qui ne lui permet pas d’intervenir "auprès de l’intercommunale", soutient-il.

Le contrôle sur les activités du groupe

Interrogé également sur le contrôle que les actionnaires - essentiellement province de Liège et communes - exerçaient réellement sur les activités du groupe Publifin, Pol Heyse a garanti que toutes les informations étaient correctement transmises aux administrateurs. Des députés lui rétorquèrent que la plupart des décisions stratégiques étaient prises dans les filiales privées du groupe et que les actionnaires de Publifin étaient donc mis devant le "fait accompli". Pol Heyse ne s’est pas laissé démonter et a répondu que ce sont ces mêmes actionnaires qui ont voté pour la mise en place du modèle actuel.Stéphane Tassin