Politique belge

Pierre Meyers, le président du conseil d'administration de Nethys, filiale opérationnelle de l'intercommunale Publifin, craint qu'"en très peu de temps" Nethys "perde une grande partie de sa valeur", en raison du nouveau décret 'gouvernance' voté dernièrement au parlement wallon. Il appelle à "une résistance politique liégeoise" face à Namur, dans un entretien accordé au Soir samedi. Pierre Meyers estime que le décret 'gouvernance' est un "décret punition". "Je respecte le travail parlementaire, et Nethys respectera les nouveaux décrets. Parce que nous sommes dans un Etat de droit. Mais ce décret est difficilement lisible", déplore-t-il.

Il pointe l'effet du nouveau plafond de rémunération à 245.000 euros par an et qui concerne 21 personnes. "Ces personnes vont signifier qu'elles ne sont pas d'accord avec le plafond. Vont-elles rester dans la société ou partir instantanément ? Tôt ou tard, cela conduira à des départs. Et nous serons dans l'incapacité de remplacer ces personnes", illustre le président.

"Si ces 21 personnes s'en vont, le groupe est décapité. Et les conséquences financières pour l'actionnaire, provinces et communes, seront immenses", met en garde M. Meyers.

"La décision la plus intelligente que le parlement pourrait prendre, c'est de voter une exception à ce décret pour les activités concurrentielles de Nethys. A moins que derrière ce décret, il y ait un agenda politique visant à rendre impossible l'initiative industrielle publique (communale, NDLR). Ce qu'on peut soupçonner", affirme-t-il alors.

M. Meyers évoque encore une autre "solution": "On organise la résistance politique liégeoise. Liège dit "non" à Namur. Et avec la force politique du "non", on les contraint à discuter".