Politique belge

Au jeu des pronostics, André Frédéric est le mieux placé. Elio Di Rupo, le président du PS, va devoir nommer un successeur à Laurette Onkelinx en tant que chef du groupe PS à la Chambre. Cinq noms reviennent. Dans l’ordre : Ahmed Laaouej, Frédéric Daerden, Karine Lalieux, Eric Thiébaut et André Frédéric. Reprenons.

Ahmed Laaouej est la personnalité qui s’impose le plus naturellement. Il est redouté par la majorité pour sa maîtrise des dossiers fiscaux et budgétaires, il s’exprime avec éloquence et incarne le renouveau dont le PS a besoin. Il est en outre très apprécié par Elio Di Rupo. Peut-être trop… Ce que certains de ses collègues parlementaires redoutent. D’autres, laïcs convaincus, lui reprochent aussi des postures communautaristes.

Frédéric Daerden, bon connaisseur des matières sociales, est également dans les bonnes grâces de son président. Elio Di Rupo pourrait vouloir le pousser, nous dit-on, afin qu’il soit en position de force pour revendiquer la tête de liste à Liège pour les élections de 2019. En outre, le PS liégeois est sorti très abîmé de l’affaire Publifin. La nomination d’une personnalité issue de cette fédération lui redonnerait des couleurs. Le principal désavantage de M. Daerden, c’est qu’il n’a pas l’image du renouveau politique.

Si le PS était monté dans la majorité fédérale en 2014, donc si Laurette Onkelinx était restée ministre, Karine Lalieux aurait fait figure de favorite pour prendre la présidence du groupe à la Chambre. Elle est dès lors logiquement à nouveau citée, elle qui a une grosse capacité de travail et une très bonne maîtrise de ses dossiers (l’énergie, notamment). Le hic, c’est qu’elle est une échevine très investie à la Ville de Bruxelles. Et à l’heure du décumul, défendu par le PS bruxellois, la double casquette cheffe de groupe/échevine pourrait être trop encombrante.

La figure du compromis

Plus surprenant, le nom d’Eric Thiébaut est cité dans la liste des candidats. On le dit apprécié de ses collègues, mais il faisait partie d’un groupe de députés-bourgmestres ou échevins (avec Laurent Devin, Paul-Olivier Delannois, Julie Fernandez Fernandez,…) prêts à retirer leur confiance à Laurette Onkelinx à cause de ses positions en faveur du décumul. Or l’image du Brutus est rarement appréciée en politique. En plus, M. Thiébaut vient du Hainaut, une province où les personnalités socialistes occupent déjà beaucoup de fonctions en vue.

Enfin, en embuscade, celui qui pourrait mettre tout le monde d’accord, c’est André Frédéric. Son profil hyperconsensuel plaît tant au sein du groupe PS qu’à l’extérieur. Expérimenté (il a déjà été chef de groupe), à l’ambition contenue, il est prêt à s’effacer pour laisser la lumière aux autres. Un sacré atout. Il est la figure idéale du compromis.

A Elio Di Rupo d’en décider.