Politique belge

En Wallonie et à Bruxelles, le Baromètre politique de ce mois de mars 2018 révèle un retour à la normalité. Une normalité dans les intentions de vote définie par rapport aux chiffres de la dernière décennie. Les vieux rapports de force, à quelques nuances près, sont de retour. Le PTB, star des sondages depuis le scrutin de 2014, marque le pas.

1. Le MR est premier

Le MR retrouve, dans ce Baromètre, un score proche de son dernier résultat électoral (2014). La politique menée au fédéral et son arrivée au gouvernement wallon en juillet 2017, peuvent sans doute constituer des premiers éléments de réponses. A Bruxelles, les bleus sont à nouveau numéros deux derrière le PS. D’un sondage à l’autre, les deux partis s’échangent la première place.

2. Le PS retrouve des couleurs

S’il reste loin de son score de 2014, le PS reprend des couleurs. Par rapport au dernier Baromètre (octobre 2017), il gagne presque deux pourcents d’intentions de vote. Son retour dans l’opposition en Wallonie libère le parti qui a revu quelques règles internes, notamment en matière de cumul. La personne d’Elio Di Rupo semble poser moins de problèmes qu’il y a quelques mois encore où sa présidence était, sans cesse, remise en question, essentiellement en dehors du parti. La formation a fait bloc derrière son président qui semble désormais le mieux indiqué pour mener les deux campagnes de 2018 et 2019. Le PS ne portant plus un discours de gestion, il reprend aussi du terrain au PTB. A Bruxelles, le scandale du Samusocial avait porté un lourd préjudice au PS qui s’était écroulé dans notre précédent Baromètre (15,1 %). En six mois, les socialistes ont repris du poil de la bête puisqu’en gagnant 6 % d’intentions de vote, ils repassent devant le MR.

3. Le PTB en baisse

Est-ce le recul pris par le porte-parole francophone du parti, Raoul Hedebouw, ou une incapacité à exister dans les débats actuels qui renvoient le PTB vers des intentions de vote moins impressionnantes ? On peut aussi penser que le discours martelé par le PS, sur la volonté du PTB de ne pas aller au pouvoir en cas de score électoral important, commence à faire de l’effet dans l’opinion publique. Enfin, la FGTB qui avait pris, ces dernières années, quelques distances avec le PS, semble revenir vers lui. Le secrétaire général, Robert Vertenueil s’est d’ailleurs exprimé lors du dernier congrès en date du Parti socialiste. Un signe qui ne trompe pas. 

A Bruxelles, le PTB qui décollait dans le Baromètre d’octobre 2017 revient à un score avoisinant les 6 %. Des électeurs socialistes, sans doute dégoûtés par l’affaire du Samusocial, sont revenus au bercail après avoir annoncé un vote en faveur du PTB en octobre 2017. Dans le même ordre d’idée, on peut aussi constater que l’affaire du Gial – du nom de cette ASBL de la Ville qui gère son parc informatique – n’a pas d’impact négatif pour le PS. La communication du bourgmestre Philippe Close et de l'échevine Karine Lalieux, qui rappelaient que l’affaire avait éclaté après un audit réalisé à la demande de la Ville, a donc atteint sa cible. En conclusion, s’il devait réaliser un score tournant autour des dix pourcents aux prochaines législatives, le PTB serait moins pressé par le PS de monter dans un attelage. Le parti pourra ainsi continuer à jouer un rôle d’aiguillon, qui lui a bien réussi ces dernières années.

4. CDH, Ecolo et Défi

Le CDH que l’on disait, il y a quelques mois encore, voué à une disparition certaine, repasse, en Wallonie, au-dessus des 10 %, par rapport à notre précédent sondage. A Bruxelles il s’en rapproche mais ne franchit pas cette barre symbolique. Le CDH, avant les élections de 2014 (14 %) tournait très souvent autour des 11 % dans les différents sondages. Le réservoir des voix des humanistes existe donc encore. 

Défi, qui avait fait une percée en Wallonie après la séquence de l’été durant laquelle Olivier Maingain focalisait l’attention autour de lui, confirme qu’il faudra, sans doute, compter avec ce parti lors des prochaines élections au sud du pays. A Bruxelles, par contre, le parti amarante est en légère baisse tout en restant en hausse par rapport à son score de 2014. 

Enfin Ecolo, qui a le vent en poupe depuis plusieurs mois, perd un pourcent en Wallonie si on compare le score du parti avec le baromètre du mois d’octobre. Mais par rapport au scrutin de 2014, le parti vert peut se réjouir d’un gain de 9 pourcents. A Bruxelles, la tendance est, toutes proportions gardées, similaire.

WALLONIE

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BRUXELLES

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FLANDRE

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Fiche technique

Ce sondage d’opinion sans caractère prédictif a été mené à la demande de La Libre / RTBF / De Standaard / VRT, sur un échantillon aléatoire de 1015 électeurs francophones résidant en Wallonie, 1003 électeurs néerlandophones résidant en Flandre, 750 électeurs bruxellois et accessibles via un téléphone fixe ou mobile. L’erreur statistique maximale est de 3,1 en Flandre et Wallonie, 3,6% à Bruxelles supérieure et inférieure au résultat obtenu pour les énoncés dans l’ensemble de l’échantillon. Les répondants ont été interrogés par téléphone du 26 février au 21 mars 2018. Le rapport technique complet peut être consulté sur www.febelmar.be.