Politique belge

Certains sont habitués à siéger dans un gouvernement fédéral, d'autres - comme les ministres N-VA - sont des nouveaux venus.

Kris Peeters au fédéral après la ministre-présidence flamande - Vice Premier, Emploi, Economie

Depuis son arrivée sur la scène politique il y a dix ans en provenance du monde patronal, l'Anversois Kris Peeters n'est pas seulement devenu une figure de proue de son parti, le CD&V; il est aussi un des hommes politiques les plus populaires de Flandre. Son accession à la ministre-présidence flamande en 2007 n'a fait que renforcer ce statut. Un temps pressenti pour diriger le gouvernement fédéral, il a finalement été barré par des circonstances stratégiques. Il devient vice-Premier ministre et ministre de l'Emploi, des Affaires économiques et de la Protection des consommateurs. Licencié en droit et candidat en philosophie, Kris Peeters est un grand admirateur d'Emmanuel Levinas, dont les écrits sur l'éthique constituent une source d'inspiration pour sa carrière politique.

Spécialisé en droit fiscal, Kris Peeters entame une carrière d'avocat en 1986 à Gand mais celle-ci s'achèvera deux ans plus tard lorsqu'il est appelé par Marianne Thyssen (future commissaire européenne) à rejoindre l'organisation des entrepreneurs flamands NCMV (qui deviendra Unizo) comme conseiller fiscal. Kris Peeters prend rapidement la tête du service d'étude de l'organisation dont il deviendra ensuite secrétaire général puis administrateur-délégué en 1999.

Cinq ans plus tard, il franchit le cap en politique. Il intègre, à la demande du ministre-président Yves Leterme, le gouvernement flamand constitué à l'issue de la plantureuse victoire du cartel CD&V/N-VA. Il devient ministre des Travaux publics, de l'Energie et de l'Environnement.

Kris Peeters prend la tête du gouvernement flamand lorsqu'Yves Leterme le quitte pour le fédéral en 2007. Il rêve de "bonne gouvernance au carré", une référence à son prédécesseur qui avait fait de la gouvernance le coeur de son action politique. D'allure sportive, le teint hâlé et les cheveux grisonnants, il est rapidement affublé du curieux surnom de "George Clooney de Flandre", après un commentaire de l'artiste et organisateur d'événements irlandais Bob Geldof qui l'avait perçu comme une "mauvaise imitation de George Clooney".

Après les élections de 2009, Kris Peeters prolonge son séjour à la place des Martyrs, avec les socialistes mais sans l'Open Vld remplacé par la N-VA qui s'était retrouvée dans l'opposition après la fin du cartel avec le CD&V.

Le ministre-président tente de donner du corps au message central d'un gouvernement qui prétend faire de la Flandre une entité socio-économique déterminée en ces temps d'après crise: il visite une par une les multinationales et les PME de la Région. Kris Peeters se veut être l'ambassadeur numéro un du plan de redressement "La Flandre en Action", le Marshall du nord. Et pourtant, la sauce ne prend pas, la collégialité au sein de son équipe s'effrite et Kris Peeters doit jouer au pompier pour calmer les incidents qui se succèdent.

Ce travail d'arbitre contribuera à faire remonter sa cote de popularité qui s'était quelque peu étiolée ces deux dernières années. Le 25 mai dernier, il ne peut cependant éviter d'être battu à Anvers par la tête de liste N-VA Liesbeth Homans, les nationalistes flamands l'emportant de loin aux élections. Très rapidement, N-VA et CD&V décident d'entrer en majorité en Flandre, Kris Peeters, âgé de 52 ans, étant désigné chef de file des chrétiens-démocrates aux négociations. Cette alliance aura des conséquences au niveau fédéral où la perspective d'un tel axe CD&V/N-VA se fait jour.

On se demande alors quel sera l'avenir de Kris Peeters, le CD&V étant susceptible de jouer un rôle en Flandre et au fédéral, où Charles Michel a été désigné informateur. Kris Peeters est d'ailleurs cité parmi les candidats au poste de Premier ministre alors que la N-VA devrait prendre la ministre-présidence flamande. Finalement, le 22 juillet, Kris Peeters est nommé coformateur du gouvernement fédéral avec Charles Michel.

La N-VA ayant renoncé au poste de Premier ministre fédéral, on évoque alors la perspective d'un gouvernement Peeters... jusqu'au 4 septembre. A la surprise générale, un accord est alors scellé en vertu duquel c'est la famille libérale qui désignera le Premier ministre. Pressé par son aile progressiste, le CD&V a préféré renoncé à un poste qui intéresse de moins en moins les partis flamands, afin de mieux peser sur la négociation.

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Jan Jambon : un "dur" de la N-VA à l'Intérieur

En Belgique francophone, on apprendra sans doute rapidement à connaître Jan Jambon. Il n’est pas surprenant de voir ce membre du premier cercle de Bart De Wever devenir vice-Premier ministre N-VA dans ce gouvernement inédit. Il est considéré comme confident pour le président de la N-VA, dit-on, mais il fut surtout, ces dernières années, le chef de groupe du parti à la Chambre, où il mena avec énergie une lutte sans pitié avec le CD&V dans le dossier Arco.

Le voici chargé de l’Intérieur où déjà, il suscite des craintes au sud du pays et dans la capitale quant au sort qui sera réservé aux zones de police. Mais l’Intérieur, c’est surtout la sécurité intérieure, un thème sur lequel la droite populiste qu’incarne la N-VA en Belgique a toujours adoré surfer. Ce portefeuille, auquel la N-VA tenait absolument, sera immanquablement le tremplin d’une politique plus répressive en matière de sécurité. Il s’agira aussi d’un test à l’échelle nationale pour la N-VA qui s’est toujours profilée comme le parti qui luttera efficacement contre l’insécurité. Le dossier ultrasensible des jihadistes de retour en Belgique trône sans doute au sommet de la pile qui attend Jan Jambon. Il s’occupera aussi de la Régie des bâtiments.

Il y a peu, “La Libre” rappelait le passé sulfureux de Jan Jambon. Il fut un des animateurs les plus assidus du Mouvement flamand (dont il fut trésorier puis secrétaire politique) et au sein d’associations telles que l’Overlegcentrum van Vlaamse Verenigingen, une coupole regroupant plusieurs organisations visant au rayonnement de l’identité flamande. En 2013 était exhumée une photo où il prononçait un speech lors du cinquantième anniversaire du Sint-Maartensfonds, une association créée par des anciens combattants du front de l’Est. Son parcours a également croisé celui de certains membres du Vlaams Belang. Mais ces épisodes datent de bien avant l’arrivée de Jan Jambon à la N-VA, en 2006. Il sera élu à la Chambre dès 2007. Les élections communales de 2012 ont propulsé ce Genkois d’origine à la tête de la commune de Brasschaat.

Jan Jambon a démarré sa carrière dans le privé dans les sociétés comme IBM, Creyf’s Interim ou encore Bank Card Company. Il est marié à Mieke Huybrechts, sœur d’un ex-député du Belang, et père de quatre enfants.

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Koen Geens : de l'ombre à la lumière - Justice

Futur ministre de la Justice Koen Geens entame son deuxième mandat au gouvernement fédéral après être entré en cours de route comme ministre des Finances dans le gouvernement Di Rupo. Agé de 56 ans, il a, selon ses propres dires, un parcours "atypique". Koen Geens est arrivé au gouvernement fédéral il y a un an et demi en remplacement de Steven Vanackere emporté par la tempête suscitée par le dossier Arco.

Fraîchement arrivé, Koen Geens n'est pas pour autant un novice en politique. Il a été chef de cabinet chargé de la politique de Kris Peeters, ministre-président flamand, de 2007 à 2009. Un poste qu'il délaissa pour se présenter au rectorat de la KUL, manqué de peu (une centaine de voix).

Qualifié de brillant, même par ses adversaires politiques, Koen Geens est diplômé en droit - avec la plus grande distinction - des universités d'Anvers et de Louvain mais aussi d'Harvard. Il deviendra docteur en droit fiscal et commercial, et droit des sociétés puis professeur en 1992 à l'âge de 34 ans.

Koen Geens ne s'arrête pas là et fonde en 1994, avec un associé, Eubelius qui deviendra le plus grand cabinet indépendant d'avocats de Belgique.

Nommé ministre en 2013, Koen Geens se trouve directement sur la sellette alors qu'Eubelius a conseillé l'ACW et son bras financier Arco lors de la chute de Dexia. Il se mettant en retrait de ses affaires, démissionnant également comme administrateur de BNP Paribas Fortis.

Au gouvernement, il se fait rapidement remarquer par ses talents de négociateur et sa connaissance des dossiers. On le surnomme le "véritable vice-premier ministre CD&V" de l'équipe Di Rupo - fonction officiellement exercée par Pieter De Crem. Il parvient notamment à convaincre les libéraux de relever la taxation sur les bonus de liquidation, une mesure pas vraiment attendue dans le chef d'un avocat d'affaires évoluant plutôt au centre-droite de l'échiquier politique.

C'est dans le secteur bancaire que Koen Geens s'affirmera le plus en imposant une loi-mammouth découlant partiellement des nouvelles règles européennes visant à préserver l'épargnant en cas de débâcle financière. Il gère également l'après-Dexia et est amené à préserver les intérêts belges au sein de BNP Paribas Fortis, ce qui lui vaudra d'être régulièrement soumis au feu des questions à la Chambre.

Au parlement, Koen Geens se fait remarquer par ses éclats de rire qu'il utilise habilement pour se sortir d'un mauvais pas et qui contribueront à cultiver une image de jovialité et d'humilité. Résultat des courses, 45.686 voix de préférence récoltées dans le Brabant flamand le 25 mai dernier. Loin de la super-star de la province, l'Open Vld Maggie De Block mais bien plus que le N-VA Théo Francken.

Né en 1958 à Brasschaat (province d'Anvers), Koen Geens vit à Huldenberg (Louvain) et est marié à Griet Dupré, rencontrée sur les bancs de l'université, avec laquelle il a trois enfants.

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Steven Vandeput, député limbourgeois N-VA accède à la Défense et à la Fonction publique

Le nouveau ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), qui aura aussi la Fonction publique fédérale dans ses attributions au sein du gouvernement Michel, siège depuis 2010 à la Chambre où il s'est jusqu'ici principalement profilé sur les questions budgétaires et le dossier de la SNCB. Agé de 47 ans, cet ancien indépendant, entrepreneur en construction, a étudié les sciences commerciales à la haute école économique du Limbourg (EHL) de Diepenbeek.

Après son adhésion à la N-NA, il est devenu président de la section provinciale du parti nationaliste au Limbourg. Ce qui lui a valu de figurer sur la liste de la N-VA pour les élections législatives du 13 juin 2010 et d'être élu pour la première fois comme député fédéral. Il a siégé au sein des commissions des finances et du budget, de l'infrastructure, ainsi que des commissions spéciales comptabilité et sécurité du rail.

A la Chambre, il avait coutume d'attaquer la politique budgétaire de l'équipe Di Rupo 1er, l'accusant de "faire payer la facture à la classe moyenne flamande". "Pour chaque euro de réduction du déficit structurel, le gouvernement a besoin de trois euros d'impôts nouveaux. C'est le bilan de la politique de Di Rupo I", avait-il lancé lors du débat sur le budget 2014.

En 2013, il avait été à l'origine d'une procédure de la N-VA devant la Cour constitutionnelle afin de combattre la hausse de la taxation sur les bonis de liquidation décidée par le gouvernement.

Tête de liste lors du scrutin du 25 mai dernier, M. Vandeput a été réélu.

Selon sa biographie figurant sur son propre site internet, il a également été administrateur de Junior Chamber International (JCI), un mouvement international rassemblant de jeunes entrepreneurs. Il a aussi présidé JCI Flandre et JCI Belgique.

Marié et père de deux enfants, il consacre ses loisirs à la plongée et à la voile.

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Le vice-Premier Alexander De Croo passe des Pensions à la Coopération au développement

Après à peine deux ans comme vice-Premier ministre libéral et ministre des Pensions, Alexander De Croo rempile comme vice-premier et ministre dans le gouvernement fédéral emmené par Charles Michel. Il obtient le portefeuille des Entreprises publiques, vraisemblablement sans la SNCB, et la Coopération au développement. Alexander De Croo a fait une carrière fulgurante en politique. Après dix ans en entreprise, il a été propulsé, en tant que fils de "l'éminence grise" Herman De Croo à la tête de l'Open Vld, sans avoir jamais exercé auparavant un mandat politique. Le jeune président s'est rapidement fait un nom en tant que nouveau-venu ayant fait tomber le gouvernement Leterme II sur l'imbroglio communautaire, BHV en 2010.

Alexander De Croo, 38 ans, s'était tenu, durant les trois premières décennies de sa vie, loin de tout mandat politique. Avec un ancien ministre comme père, député depuis 1968, Alexander De Croo a préféré, après ses études d'ingénieur commercial à la VUB, entrer dans le monde de l'entreprise. Il a travaillé jusqu'en 2006 pour The Boston Consulting Group, puis il a rejoint Darts-ip, une entreprise spécialisée dans les droits de propriété intellectuelle.

Mais bon sang ne saurait mentir: en 2009, Alexander De Croo reprend la présidence de l'Open Vld, assurée par intérim par Guy Verhofstadt depuis les mauvais résultats électoraux de cette année-là. L'autre candidate, Gwendolyn Rutten, est recalée au premier tour, et Marino Keulen doit ensuite s'incliner. Alexander De Croo rassemble derrière son nom les membres les plus libéraux.

Pendant ce temps, le gouvernement Leterme II sue toujours sur la scission de l'arrondissement de BHV. L'ancien Premier ministre CD&V Jean-Luc Dehaene essaie, à la demande de la majorité, de forger un accord, mais le tout nouveau président de l'Open VLD "retire la prise" le 22 avril 2010 et annonce le retrait de son parti du gouvernement. Conséquence: un gouvernement belge en affaires courantes pour la présidence belge de l'Union européenne et des élections qui déboucheront sur la plus longue formation de gouvernement jamais connue en Belgique.

Quand le gouvernement Di Rupo émerge après plus d'un an et demi de négociations - accord sur BHV et une nouvelle réforme de l'Etat inclus-, Alexander De Croo envoie Annemie Turtelboom et Vincent Van Quickenborne au gouvernement fédéral. Mais Vincent Van Quickenborne ceint l'année suivante l'écharpe maïorale à Courtrai et quitte le gouvernement. C'est Alexander De Croo qui le remplace comme vice-Premier ministre et ministre des Pensions.

Avec moins d'un an et demi avant les élections, Alexander De Croo tient surtout la ligne de son prédécesseur. Il met également sur pied la Commission Réforme des pensions 2020-2040, dont le rapport a servi de base pour le chapitre sur les pensions dans le nouvel accord de gouvernement.

Alexander De Croo lui-même a fait de bons résultats aux dernières élections de 2014. La Flandre orientale, traditionnellement libérale, s'est peut-être teintée de jaune (N-VA), mais l'Open Vld reste, avec De Croo comme tête de liste à la Chambre, le deuxième parti. L'homme a également récolté le plus de voix de préférence dans la province (78.073), malgré l'écart important avec le résultat de la N-VA.

Alexander De Croo est marié et a deux enfants.

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Maggie De Block, ou la soudaine popularité - Affaires sociales et Santé

Maggie De Block (Open Vld) qui sera nommée ministre des Affaires sociales et de la Santé fut une députée discrète mais travailleuse dix ans durant à la Chambre, avant de monter au gouvernement fédéral fin 2011 et devenir en deux années l'une des personnalités politiques les plus appréciées des deux côtés de la frontière linguistique. Cette doctoresse de 52 ans est née et vit toujours à Merchtem (Brabant flamand), où son frère est bourgmestre et sa fille présidente du CPAS. Elle a étudié la médecine à VUB, à Bruxelles, et professé une vingtaine d'années comme médecin généraliste, un métier qui marquera son cheminement politique.

Les élections de 1999 - celles de la crise agro-sanitaire de la dioxine - lui permettent de décrocher un siège à la Chambre depuis l'ancien arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Elle s'investit alors dans les matières de santé publique, affaires sociales et pensions, démontrant sa connaissance des dossiers mais demeurant peu visible du grand public. Jusqu'à ce que son président de parti Alexander De Croo la propulse fin 2011 au poste de secrétaire d'État dans le gouvernement Di Rupo, où elle hérite des dossiers sensibles de l'Asile et la Migration, en plus de la Lutte contre la pauvreté.

Le grand public découvre alors cette femme dont le physique imposant cache un manque d'assurance pour des matières qu'elle ne maîtrise pas encore. Prudente, Maggie De Block s'impose un mois de silence médiatique afin d'étudier ses dossiers.

C'est elle qui sera chargée de mettre en œuvre la politique gouvernementale réduisant les délais de traitement de la procédure d'asile, durcissant la lutte contre les demandes abusives de régularisation pour raison médicale ou les demandes d'asile multiples. Toutes choses que son prédécesseur Melchior Wathelet avait préparées, diront ses détracteurs, et dont elle récolte les fruits en présentant des statistiques en amélioration sensible.

Sa flexibilité dans tel dossier médiatique d'asile n'a d'égale que sa fermeté dans tel autre: elle permet ainsi à un jeune Camerounais théoriquement expulsable de poursuivre ses études en Belgique mais renvoie un autre jeune homme dans un Afghanistan toujours en proie aux troubles, suscitant tantôt l'émoi dans l'opinion publique, tantôt l'approbation pour son approche pragmatique des dossiers.

Sa popularité, quoi qu'il en soit, ne fait que croître: elle devient début 2013 l'une des personnalités politiques les plus appréciées de Flandre, derrière Bart De Wever (N-VA) et Kris Peeters (CD&V).

Elle les dépasse même en fin d'année, malgré la faiblesse des résultats de son parti. Aux élections de mai dernier, elle décroche 131.000 voix de préférence (3e meilleur score derrière Bart De Wever et Elio Di Rupo) et le quatrième meilleur taux de pénétration (derrière les deux mêmes et Benoît Lutgen). C'est avec elle que l'Open Vld obtient son meilleur score par circonscription.

Cette popularité acquise en moins de deux ans traverse la frontière linguistique et à l'issue du scrutin, nombre de francophones font de Maggie De Block leur favorite pour le poste de Premier ministre.

Et c'est tout naturellement elle qui, à l'occasion du départ d'Annemie Turtelboom pour le gouvernement flamand, reprend le poste de ministre de la Justice dans le gouvernement d'affaires courantes.

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Johan Van Overtveldt, le rédacteur en chef devenu ministre des Finances

Pas même un an après son départ du Trends, Johan Van Overtveldt sera le nouveau ministre des Finances, après un bref détour par le parlement européen. Né en 1955, Johan Van Overtveldt est docteur en sciences économiques appliquées de l'Université d'Anvers et a décroché un Master of Business and Administration (MBA) à la KU Leuven. En 1978, il est entré au service de l'hebdomadaire économique Trends en tant que journaliste.

Quatre ans plus tard, il met sa carrière journalistique entre parenthèses. Il devient cadre à la Banque Bruxelles Lambert et puis directeur général chez Shoeconfex.

En 1992, il retrouve le journalisme en devenant rédacteur-en-chef de Trends, une fonction qu'il occupera jusqu'en 2004. Il donne alors une nouvelle orientation à son parcours en dirigeant le groupe de réflexion "Metena" du VKW, l'association des entrepreneurs chrétiens. En novembre 2010, il revient à la rédaction en chef de Trends qu'il combine avec la direction de Knack. Depuis 2012, il enseigne également à l'Université de Hasselt.

Fin 2013, le journaliste s'engage en politique en rejoignant la N-VA. Il tire la liste européenne des nationalistes flamands. Le parti récolte 4 sièges, soit le premier contingent belge à Strasbourg, mais aux voix de préférence, Johan Van Overtveldt (274.444) arrive derrière Guy Verhofstadt (531.030) et Marianne Thyssen (340.026).

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Pieter De Crem: de vice-Premier à secrétaire d'Etat - Commerce extérieur

Pieter De Crem (CD&V) sera le nouveau secrétaire d'Etat au Commerce extérieur dans le gouvernement Michel 1er. Cette nouvelle attribution n'est pas vraiment une promotion pour celui qui fut ministre de la Défense pendant les deux législatures écoulées et vice-Premier ministre dans le dernier gouvernement. Né le 22 juillet 1962 à Aalter, une commune de Flandre orientale dont il est bourgmestre depuis 1995, ce licencié en philologie romane de la KUL et en droit européen et international de la VUB, a présidé la section des jeunes CVP Gand-Eeklo de 1989 à 1995.

Il a véritablement débuté sa carrière politique à l'âge de 27 ans comme attaché au cabinet du Premier ministre Wilfried Martens de 1989 à 1992, puis à celui du ministre de la Défense Leo Delcroix, de 1992 à 1993.

Elu député pour la première fois le 21 mai 1995 et réélu à chaque scrutin législatif, il a notamment siégé au sein de la commission de la Défense, attaquant souvent frontalement le ministre de l'époque, André Flahaut (PS).

Son influence croissante au sein du CD&V s'était traduite par sa désignation comme chef du groupe à la Chambre, une fonction qu'il a assurée du 31 mai 2003 au 21 décembre 2007, faisant de lui un des dirigeants de l'opposition au gouvernement Verhofsdtadt II.

En 2004, il avait été battu lors de l'élection à la présidence du CD&V, qui avait préféré Jo Vandeurzen.

Il présidait aussi la commission de l'intérieur de la Chambre lorsque tous les partis flamands - à l'exception des écologistes de Groen! - avaient voté, le 10 octobre 2007, la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), une mesure qui s'était toutefois révélée sans effet jusqu'à l'accord trouvé dans le cadre de la 6e réforme de l'Etat.

M. De Crem était devenu ministre de la Défense le 21 décembre 2007 dans le gouvernement intérimaire dirigé par Guy Verhofstadt III. Un portefeuille qu'il a conservé au sein des cabinets Leterme I, Van Rompuy I, Leterme II et Di Rupo. En mars 2013, il est devenu vice-premier ministre après la démission de Steven Vanackere, emporté dans la tourmente Arco.

Durant cette période, il a, sans jamais cacher ses sympathies pro-américaines, procédé à une énième réforme de l'armée (le "plan de finalisation de la transformation") et accru la participation des militaires belges aux opérations à l'étranger - principalement de l'Otan, en Afghanistan et plus récemment en Libye - mais aussi au Mali et tout récemment en Irak dans le cadre d'une coalition menée par les Etats-Unis contre l'Etat islamique (EI).

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Theo Francken, ministre de l'Asile et des Migrations

Agé de 36 ans, Theo Francken siège depuis 2010 à la Chambre. Il est l'un des tenants de la ligne dure de la N-VA en matière d'asile et d'immigration. Avec une autre députée de son parti, Sarah Smeyers, il est l'auteur d'un livre consacré à ce sujet "België. Land zonder grens" (Belgique. Pays sans frontière). A l'issue de ses études de pédagogie à la KU Leuven, Theo Francken a travaillé au service du groupe N-VA du parlement flamand. De 2009 à 2010, il a été chef de cabinet adjoint du vice-ministre président flamand, Geert Bourgeois, en charge de l'intégration et de la périphérie flamande.

Les élections communales de 2012 ont permis à Theo Francken de décrocher le maïorat de Lubeek en Brabant flamand. Le 25 mai, malgré la popularité de Maggie De Block (Open Vld) dans la province, il est parvenu à faire progresser son parti sans toutefois dépasser la barre des 30 pc.

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Elke Sleurs (N-VA) luttera contre la fraude et la pauvreté

Elke Sleurs sera secrétaire d'Etat N-VA chargée de la Lutte contre la fraude et la pauvreté, également compétente pour la politique scientifique. Jusqu'ici elle siégeait au Parlement flamand et au Sénat. Gynécologue de formation, Elke Sleurs s'est illustrée politiquement en coprésidant avec Alain Courtois (MR) la Commission sénatoriale sur l'extension aux mineurs de la loi sur l'euthanasie. Depuis l'opposition, elle a participé lors de la législature précédente au compromis intervenu au grand dam des partis chrétiens pour étendre cette loi via une majorité de rechange soutenue par les socialistes, les libéraux et les écologistes.

Agée de 46 ans, Elke Sleurs a débuté sa carrière dans la politique nationale en 2010 lorsqu'elle a été élue au Sénat.

Etudiante, elle a été active dans les Jeunes VU. En 2007, elle a intégré le conseil de l'action sociale de Gand puis a succédé à Tony Van Parys comme conseillère communale en 2012.

Elle a travaillé comme gynécologue à l'UZ VUB à Jette et à l'AZ Sint-Lucas à Gand.

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Bart Tommelein, le Westflandrien de l'équipe - Coopération au développement

Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre le fraude sociale, également en charge de la Protection de la Vie privée et de la Mer du Nord Bart Tommelein n'est pas un nouveau venu en politique et il aurait déjà pu devenir ministre du gouvernement flamand en juillet mais il manquait alors un Bruxellois. Bart Tommelein a déjà été chef de groupe à la Chambre, au Sénat et au Parlement flamand. L'Ostendais sera le seul Westflandrien du gouvernement Michel. Agé de 52 ans, Bart Tommelein a du sang nationaliste dans les veines, lui qui a été président des Jeunes VU avant de rejoindre le Vld avec quelques camarades volksuniens comme Jaak Gabriëls et Hugo Coveliers lors de l'opération d'ouverture lancée par Guy Verhofstadt.

Il devient alors conseiller puis porte-parole du ministre-président flamand Patrick Dewael. En 2003, il est élu à la Chambre où il devient chef de groupe Open Vld en 2008. Il préside la Commission d'enquête parlementaire Fortis en 2009. La même année, il est élu au Parlement flamand et devient chef de groupe au Sénat où il siège comme sénateur de Communauté. Il quitte ensuite le Sénat, sa fonction étant incompatible avec le poste d'échevin qu'il décroche à Ostende. En 2012, il devient premier échevin dans la cité balnéaire.

Avant sa carrière politique, Bart Tommelein a été actif dans le secteur bancaire.