Politique belge

Le gouvernement wallon a approuvé jeudi une note de la ministre Eliane Tillieux ajoutant des mesures de formation en prison et à la sortie de prison à celles déjà envisagées en matière d'Emploi et de Formation dans le plan wallon de prévention du radicalisme. "Offrir aux personnes l'opportunité de se former pendant leur détention, de préparer leur projet professionnel ainsi que leur sortie de prison, et de se reconstruire, constitue l'un des meilleurs moyens d'éviter la récidive et un endoctrinement potentiel", relève la ministre PS dans cette note.

La prison est identifiée, avec internet et les réseaux sociaux notamment, comme un des lieux de radicalisation. Le phénomène a trop longtemps été négligé par les services de renseignement, rappelle la note Tillieux sur base d'un rapport récent du Comité R (contrôle des services de renseignements).

La mesure approuvée vise à amplifier l'offre de services, dès lors que seuls 6,8% des détenus peuvent bénéficier d'une formation professionnelle et que 75% d'entre eux n'ont aucune qualification, selon une analyse de la Concertation des associations actives en prison (CAAP).

Sur les 2 millions d'euros octroyés à l'Emploi et à la Formation - parmi les 11 millions d'euros supplémentaires dégagés en 2016 pour le plan wallon de prévention du radicalisme -, un million d'euros permettra de financer des heures supplémentaires et des nouvelles filières de formation pour des opérateurs agréés, en prison, sous surveillance électronique, en défense sociale, etc.

Une autre mesure (près de 900.000 euros) permettra d'engager 9 équivalents-temps plein pour doter chacun des bassins Enseignement-Emploi-Formation d'un agent chargé de développer l'emploi des personnes étrangères et d'origine étrangère en Wallonie, afin de favoriser une insertion sur le marché de l'emploi qui reste difficile pour les populations issues de l'immigration, selon la note.

Enfin, 50.000 euros sont destinés à consolider la formation des acteurs de la prévention dans les Villes et Communes wallonnes.

C'est à la suite des attentats de Charlie Hebdo puis des opérations antiterroristes de Verviers que le gouvernement a adopté, fin janvier 2015, sa note sur la prévention du radicalisme en Wallonie.