Politique belge

La Belgique s'est engagée, dès 2013, auprès de l'Otan à disposer d'avions de combat capables d'éliminer les défenses anti-aériennes ennemies, ce qui rend dès lors inéluctable le choix du chasseur furtif F-35 américain, a affirmé lundi l'hebdomadaire flamand 'Knack'. L'appel d'offres lancé en mars 2017 par le gouvernement Michel 1er dans le cadre de cette procédure d'achat était dès lors taillé sur mesure pour l'appareil du groupe Lockheed Martin - bien que des mots comme "furtivité" ou "nucléaire", une capacité souhaitée de la part du successeur du F-16, ne figure pas explicitement dans le cahier des charges (le "Request for Government Proposal", RfGP) publié par le ministère de la Défense - , ajoute le magazine sur son site internet. Celui-ci cite un document classifié de l'Otan qu'il a pu consulter.

Selon 'Knack', la Belgique a accepté dès mai-juin 2013 - le ministre de la Défense était à l'époque Pieter De Crem (CD&V), un ardent partisan du F-35 américain - un "objectif" de la part de l'Otan prévoyant de se doter d'une flotte de 54 avions de combat, dont dix dotés d'une capacité de "suppression des défenses anti-aériennes ennemies" (en jargon "Suppression of enemy air defences"). Cela impose de pénétrer dans un espace aérien fortement défendu, une sorte de "bulle de protection" que les militaires qualifient d'"Anti-acces anti denial" (ou A2AD).

Or, seuls des avions furtifs sont capables d'opérer dans un tel environnement, avec de meilleures chances de survie.

Selon le magazine, cet objectif a reçu l'approbation politique lors de la réunion des ministres de la Défense alliés de juin 2013. Il équivaut pour 'Knack', à une promesse d'achat du F-35, que les Etats-Unis qualifient de "chasseur de cinquième génération".