Politique belge

La Défense n'a pas cherché à favoriser l'un ou l'autre concurrent à l'obtention du contrat de renouvellement des F-16, a-t-elle laissé entendre mardi dans un communiqué. Dans le cadre de la phase préparatoire à la prise de décision de ce renouvellement, la Défense a envoyé à plusieurs agences étatiques une demande préparatoire d'information le 2 juin. Les informations sollicitées portent sur les capacités opérationnelles, l'appui technico-logistique, le partenariat recherché et les risques associés.

"Nulle part dans le document il n'a été rédigé des exigences opérationnelles particulières qui favorisent une solution technique déterminée. En s'appuyant sur les informations obtenues, la Défense établira les spécifications opérationnelles pour la phase de programme", a indiqué la Défense.

Selon la VRT, qui cite des sources internes au département, le questionnaire adressé aux différents soumissionnaires a été rédigé de telle façon qu'il favorise le F-35 du constructeur américain Lockheed Martin.

Le sp.a et les écologistes ont réclamé la convocation du ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), devant la commission compétente de la Chambre. La présidente de la commission, Karolien Groseman (N-VA), n'a pas accédé à leur demande. Elle a fait remarquer que le dossier était sur la table des négociateurs fédéraux.

sp.a et Groen réclament des explications

Les députés Dirk Van der Maelen (sp.a) et Wouter De Vriendt (Groen-Ecolo) ont réclamé mardi la convocation du ministre de la Défense, Pieter De Crem, devant la Commission de la Chambre à propos du remplacement des F-16. Selon la VRT, qui cite des sources internes au département, le questionnaire adressé aux différents soumissionnaires a été rédigé de telle façon qu'il favorise le F-35 du constructeur américain Lockheed Martin. La Défense a envoyé début juin un questionnaire aux différents candidats. Le F-35 serait favorisé alors qu'il est le concurrent le plus cher. Il reviendra au prochain gouvernement de trancher cette question.

"Nous savons que le ministre De Crem a une préférence pour le Joint Strike Fighter (du nom du programme qui a mené à l'élaboration du F-35) mais qu'il l'impose de manière aussi grossière, c'est du jamais vu!", a dénoncé M. Van der Maelen.

Outre la convocation du ministre, les écologistes demandent l'audition d'experts, de représentants des Pays-Bas et du Canada, deux pays qui se sont joints au programme, et de la Cour des comptes.

Les Verts souhaitent que la Cour contrôle les contacts pris entre la Défense et les constructeurs ainsi que les offres qui sont présentées.

"S'il apparaît que la Défense commence à orienter les négociations, il y a peut-être un agenda caché et l'on ne peut donc plus faire confiance à la Défense dans ce dossier", a souligné M. De Vriendt.

Le député Benoît Hellings se fait encore plus accusateur.

"Ecolo soupçonne depuis des années la tendance atlantiste de nos forces armées et des partis conservateurs de privilégier par la bande l'achat de cet avion extrêmement coûteux, qui connaît par ailleurs d'énormes problèmes de développement et qui s'avère être le véhicule idéal pour transporter les armes nucléaires américaines actuellement entreposées illégalement et secrètement à Kleine Brogel. Les écologistes ont déjà dénoncé à de nombreuses reprises l'absurdité stratégique et budgétaire d'acheter des avions de chasse dans un contexte économique difficile. Ces éventuels achats colossaux devraient, par ailleurs, s'intégrer dans un plan de partage européen encore inexistant", a-t-il déclaré.

La présidente de la Commission, Karolien Grosemans (N-VA), n'a toutefois pas l'intention de convoquer une réunion pour le moment, a-t-elle indiqué à l'agence BELGA. Le sujet se trouve actuellement sur la table des négociateurs du gouvernement fédéral.

Dans la majorité, des voix critiques se sont fait également entendre la semaine passée à propos du F-35. Le député Denis Ducarme (MR) a formé le voeu que les offres européennes soient examinées attentivement. Les chances de retombées industrielles du F-35 en Belgique sont faibles, a-t-il fait remarquer, au contraire d'autres concurrents comme le Rafale français et le Saab Gripen suédois. Or, à entendre le député libéral, le remplacement des F-16 représente l'opportunité de créer des milliers d'emplois.