Politique belge

Le nom du successeur ne sera pas connu pour le sommet de l’Otan des 11 et 12 juillet.

Il faudra encore patienter avant de connaître le nom du successeur du F-16. Le Premier ministre Charles Michel (MR) a laissé entendre vendredi qu’une décision ne serait pas prise avant le sommet de l’Otan prévu à Bruxelles les 11 et 12 juillet prochains, contrairement à ce qui avait été espéré en coulisse. Cette annonce n’est pas une surprise, elle était dans l’air depuis des semaines.

“Pour être tout à fait clair, le sommet de l’Otan n’est pas un ultimatum”, a indiqué le “Premier” à l’issue du conseil des ministres. “Les offres remises sont valables jusqu’à la mi-octobre.”

Une date limite pour l'offre F-35

Deux offres avaient été déposées en septembre 2017 à la Défense dans le cadre de la procédure (dite “RFGP”) de remplacement des avions de combat. L’une est américaine, pour le F-35. L’autre vient du consortium Eurofighter pour son avion Typhoon. Et c’est l’offre F-35 qui n’est valable que jusqu’au 14 octobre 2018, précise à “La Libre” le cabinet Michel (il n’y a pas de date limite pour l’Eurofighter).

Cela dit, si la décision tarde à venir, c’est parce que le dossier est extrêmement complexe. Il fait intervenir des contingences budgétaires, économiques, politiques, diplomatiques et stratégiques. Et comme si cela ne suffisait pas, la France est venue enrayer la mécanique. Au lieu de répondre à l’appel d’offres, elle a décidé unilatéralement de sortir de la procédure et de proposer un partenariat stratégique à la Belgique autour de l’avion Rafale.

Empoignade gouvernementale

Les partenaires du gouvernement, singulièrement la N-VA et le MR, se sont empoignés durant des mois sur le sort à réserver à la proposition française. Le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) ne voulait pas en entendre parler. Le MR, oui.

“D’un côté, il y a deux offres, et de l’autre côté, une proposition, a résumé Charles Michel vendredi. Ce n’est pas la même situation. Cela fait une différence.” Mais toutes les candidatures seront bien examinées. Et ce, selon une procédure en trois temps définie vendredi.

  1. L’analyse d’une prolongation éventuelle des F-16, comme cela avait été annoncé au Parlement en avril. Mais l’exécutif ne retiendra certainement pas la piste. 
  2. “L’analyse des offres introduites en bonne et due forme dans le cadre de la procédure RFGP”, dixit le Premier ministre. 
  3. “L’analyse des informations que nous avons reçues de la France”.
Verdict dans quatre mois maximum.