Politique belge

La suggestion du président du parlement bruxellois Charles Picqué (PS) de reporter à 2024 le décumul intégral des mandats de député et de membre d'un collège communal, en échange d'une diminution du nombre de députés bruxellois, a bénéficié samedi d'un premier accueil réservé du côté néerlandophone.

Pour le sp.a Jef Van Damme, ces deux dossiers ne peuvent faire l'objet de décision au même endroit. Pour le chef de file bruxellois de la N-VA Johan Van den Driessche, il n'y a qu'une solution pour atténuer les tensions entre la Région et les communes: la fusion. "La proposition de M. Picqué porte sur deux choses très différentes. Le décumul auquel le sp.a est favorable (ndlr: mais auquel une majorité d'élus néerlandophones bruxellois -Open Vld; CD&V; et N-VA- sont opposés) peut faire l'objet d'un règlement en interne à Bruxelles, sans toucher aux équilibres de base. Le nombre actuel de parlementaires bruxellois résulte quant à lui d'un équilibre belge. Ce sont donc deux dossiers d'un ordre différent", a commenté Jef Van Damme, en marge des discours politiques de la séance d'ouverture de la Fête de l'Iris.

Le chef de file de la N-VA au parlement bruxellois, Johan Van den Driessche, a quant à lui jugé positif que le président de l'assemblée bruxelloise plaide pour davantage de concertation avec la Flandre.

"Mais je ne peux pas le suivre sur l'évolution des structures bruxelloises car cela ne résoudra pas les tensions que l'on observe entre elles. Pour cela, il n'y a à nos yeux qu'une solution: la fusion entre la Région et les 19 communes bruxelloises en une seule entité assortie de districts ou d'arrondissements comme cela se pratique à Anvers et dans d'autres villes à l'étranger", a-t-il dit.

La proposition sur le décumul soutenue par une large majorité de députés bruxellois francophones et le sp.a et Groen, côté néerlandophone, n'a jusqu'ici pas pu atterrir en séance plénière. Les groupes de l'Open Vld, de la N-VA et du CD&V ont demandé et obtenu que le Conseil d'Etat se prononce à ce sujet. Ceux-ci redoutent que faute de majorité dans le groupe linguistique néerlandophone, le parlement procède un mois plus tard à un nouveau vote qui ne requerrait plus qu'un tiers des voix dans le groupe linguistique néerlandophone.

Ainsi le prévoit une procédure mise en place il y a quelques années, en compensation de la représentation flamande garantie de 17 élus, pour contrer le risque de blocage des institutions bruxelloises par le Vlaams Blok.

Dans son allocution, Charles Picqué a indiqué que le parlement régional devrait recevoir l'avis du Conseil d'Etat le 17 mai prochain.