RWF : "La France, c’est l’avenir "

V.d.W. Publié le - Mis à jour le

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Politique belge

Pour les rattachistes - ils préfèrent se dire "réunionistes - ce fut un petit événement : le dernier baromètre "La Libre"/RTBF a accordé au mouvement 4,2 % d’intentions de vote, soit le double par rapport au dernier sondage de juin dernier. Autant dire que ce chiffre a donné des ailes au RWF (Rassemblement Wallonie-France) et à son président, Laurent Brogniet. Car pour lui, 4,2 % dans les sondages, cela fait au moins 6 % voire 7 % dans la réalité.

Au prochain scrutin local du 14 octobre, le RWF ne sera pas présent dans les communes : le programme ne s’y prête guère. En revanche, les rattachistes ont déposé des listes dans tous les districts provinciaux, sauf à Bouillon. Car le RWF est un des seuls partis qui souhaitent le maintien des provinces : " Dans le cadre de la réunion de la Wallonie à la France, la Région wallonne deviendrait la 23e Région de France au même titre que la Bourgogne, la Picardie, la Lorraine, Quant aux provinces, elles (re)deviendraient des départements français ", explique Laurent Brogniet, le président du mouvement.

Le RWF souhaite d’ailleurs renforcer certaines compétences provinciales de manière à ce que les deux institutions (provinces et départements) puissent coller au moment de l’éventuel rapprochement. " Nous sommes partisans de la création d’une Cour des comptes régionale car actuellement la province est une institution peu transparente : il faut améliorer sa démocratisation et son contrôle ."

Curieusement, les rattachistes wallons ne lient pas leur sort aux francophones de Bruxelles. Pourquoi désunir les francophones face à la menace brandie par les séparatistes flamands ? " Tout d’abord, la scission n’est pas une menace, mais une certitude. Que ce soit une évaporation à la De Gucht ou une scission plus brutale. Ensuite, notre programme englobe aussi Bruxelles. Nous plaidons pour le rattachement de la Wallonie, 23e Région, mais aussi de Bruxelles, 24e Région. Nous n’avons pas déposé de liste à Bruxelles parce qu’il n’y a plus de province Mais au moment du rattachement, chacun pourra se prononcer en toute indépendance ", explique Laurent Brogniet.

Cela dit, pourquoi préférer un rattachement à la France à une Fédération Wallonie-Bruxelles, qui, selon l’économiste Michel Quévit, serait viable puisqu’elle aurait un Produit intérieur brut équivalent à la Flandre ? " Michel Quévit est le seul économiste qui se montre aussi optimiste. Tous les autres disent que ce serait impossible, sauf à perdre 20 % de pouvoir d’achat ", soupire Laurent Brogniet.

Reste qu’une grande majorité de Wallons et de Bruxellois se sentent Belges et pas Français : " Là est le drame. Aux dernières élections, la Flandre a voté à droite et flamand, les Wallons ont voté à gauche et belge. Mais les sondages sont là : si la Belgique venait à disparaître, les Wallons choisiraient à 49 % l’option française "

Il s’agirait donc d’un rattachement à la France par dépit et non par amour " Nous, nous sommes rattachistes de cœur, d’autres le sont par raison. Si les Wallons veulent conserver leur niveau de vie, ce sera la seule option possible. D’ailleurs, il y a bien plus de rattachistes au MR ou au PS. Mais ils n’osent pas l’avouer. Le jour où la Belgique tombera en déliquescence, les premiers qui seront à Paris pour conserver leurs postes, ce seront des gens du PS et du MR. Nous nous contentons de préparer le terrain, de faire ‘le sale boulot’. Mais ce sont les responsables actuels qui iront négocier le rattachement "

Pourquoi se rattacher à un pays qui semble voir tant de difficultés économiques, budgétaires, sociales Le mouvement est inverse : ce sont les Français les plus fortunés qui viennent en Belgique " Dire que cela va mieux en Belgique, c’est de la propagande. Regardez le niveau de la dette publique française et belge Comparez les soins de santé, l’enseignement, l’état des routes. Il n’y a pas de comparaison possible. La Wallonie est bien en deçà de la moyenne européenne, la France bien au-dessus. Vous vous êtes prononcé dans la banlieue de Liège, de Charleroi ? Les gens sont très affectés par la crise. "

Pourtant, il faut reconnaître que certaines Régions françaises sont elles aussi en déshérence " La France reprendra la dette wallonne. L’ardoise sera effacée. En France, les Régions sont très solidaires entre elles, l’Etat français l’est aussi. Dans les années 80, j’ai entendu : plus un franc flamand pour la sidérurgie wallonne. Je n’ai jamais entendu : plus un franc breton pour l’acier lorrain. Voyez ce que sont devenus le Nord de la France ou le Pas-de-Calais, et regardez où en est le Hainaut. En Wallonie, les fonds sont dilapidés. Le système politique offre tous les pouvoirs au parti dominant, le PS ."

Mais au fait, la France voudrait-elle des Wallons ? " Oui, bien sûr. Nous avons des contacts à l’UMP et au PS français. Au niveau politique, c’est acquis. Les derniers sondages démontrent qu’à 66 % - le pourcentage passe à 73 % dans les régions limitrophes - les Français seront ravis d’accueillir leurs amis wallons, s’ils le demandent." L’adhésion populaire existe. Pour Laurent Brogniet, l’adhésion existe aussi : " Cette réunion serait excellente pour l’équilibre entre la France et l’Allemagne. "

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