Politique belge Le ministre-Président bruxellois minimise les pressions exercées par la Ville de Bruxelles.

Tout le monde au sein du collège réuni de la Commission communautaire commune (Cocom) souhaitait qu’un contrôle des activités du Samusocial soit mis sur pied, a affirmé Rudi Vervoort (PS) lundi. Le ministre-Président bruxellois était soumis au feu nourri des questions de la commission d’enquête menée par le parlement régional à la suite du scandale qui a mis un terme à la carrière politique d’Yvan Mayeur, ex-bourgemstre PS de la Ville de Bruxelles. Est-ce que, entre 2014 et 2016, le cabinet Vervoort a servi de relais pour protéger le Samusocial d’une ingérence régionale dont Yvan Mayeur, cheville ouvrière de l’ASBL, n’a jamais voulu ? C’était la question centrale de cette audition. Mais, malgré les mails versés au dossier et témoignant de nombreux contacts entre l’ASBL et le gouvernement, les commissaires furent bien en peine de faire sortir Rudi Vervoort, passé maître dans l’art de noyer le poisson, de la ligne qu’il s’était choisie.

Ces pressions si elles avaient dû se manifester étaient du même ordre que d’autres pressions que subissent les hommes politiques, a défendu Rudi Vervoort, évoquant la presse ou encore l’opinion publique. Et le socialiste de s’accrocher à la version de Pascal Smet (ministre SP.A auditionné vendredi) selon laquelle tout dispositif de contrôle demandait l’accord du Samusocial car de statut privé et qu’il n’était donc pas opportun d’aller trop loin dans un premier temps. Et ce, malgré le fait que les subsides accordés par la Cocom et d’autres niveaux de pouvoirs prenaient des proportions toujours plus importantes. Rappelons que Céline Fremault, ministre CDH en charge du dossier a évoqué un chantage permanent "aux morts" exercé par le Samusocial pour imposer ses vues.

Dans ce dossier "il n’y a pas, d’un côté, les méchants qui ne veulent pas de contrôle et, de l’autre, ceux qui veulent un contrôle", a assuré Rudi Vervoort. Il a rappelé que les discussions de l’époque avaient conduit à la signature d’un contrat de gestion entre la Cocom et le Samusocial et à l’envoi de commissaires au sein de l’ASBL même si ceux-ci ont un pouvoir de contrôle limité au dispositif hivernal mis en œuvre par l’association. Il a aussi admis la résistance du Samu par rapport aux questions des rémunérations dont il ignorait tout, assure-t-il. Pluraliste au départ, le Samusocial est devenu totalement socialiste au cours de son histoire. "Je regrette que ce pluralisme se soit asséché" s’est défendu Rudi Vervoort qui a dit "vivre difficilement la contamination entre les uns et les autres".

Laurette Onkelinx auditionnée

Le rapport de l’Inspection des finances, qui dès fin 2013, révélait des problèmes de gestion, n’a été suivi par aucune mesure particulière, ont déploré nombre de commissaires. Là encore, Rudi Vervoort s’est montré peu éclairant. C’était alors la fin de la législature précédente et lorsque le nouveau gouvernement s’est installé, en juillet 2014, aucun des partis de la nouvelle majorité n’a remis en cause le rôle central qu’allait jouer le Samusocial dans le futur, a-t-il indiqué.

Le 22 septembres, Charles Picqué, ex-ministre-Président bruxellois et surtout Laurette Onkelinx, présidente de la Fédération bruxelloise du PS doivent être entendus. Laurette Onkelinx, connue pour sa proximité avec Yvan Mayeur sera sans doute confrontée aux mêmes questions.M. Co.