Politique belge

Depuis que le poste de commissaire européen est tombé dans l'escarcelle du CD&V, le nom de Charles Michel est systématiquement cité comme grand favori au poste de Premier ministre. Mais s'il venait à le refuser, qui pourrait l'obtenir? Francis Van de Woestyne, rédacteur en chef de "La Libre", nous éclaire.

Alors qu'il a été nommé formateur du futur gouvernement par le Roi et qu'il a mené toutes les négociations, l'homme fort du MR ne devrait pas céder ce "trophée" qu'est le 16, rue de la Loi. Mais, en réalité, les raisons d'un refus existent bel et bien. "Tout le monde s'accorde à dire qu'il s'agira d'une législature très difficile, à cause notamment des 17 milliards qu'il faudra trouver. Charles Michel pourrait souffrir d'un déficit d'image. C'est la seule raison qui pourrait le pousser à abandonner ce poste pour lequel il est préparé."

© BELGA
Si Charles Michel tournait le dos au "16", le premier candidat susceptible de s'installer à ce poste serait donc Didier Reynders. "Puisque Charles Michel a la main pour nommer le Premier ministre, il confierait sûrement le poste à quelqu'un de son parti". D'autant plus que Didier Reynders est passé à quelques millimètres de la fonction de Commissaire européen à laquelle il tenait tant. Ce serait donc une manière habile de lui offrir une compensation. En outre, le Ucclois dispose d'une expérience fédérale indéniable. Toutefois, les tensions restent fortes entre les deux libéraux. Pas sûr donc que Charles Michel lui ferait ce cadeau.

© BELGA
Puisque le poste a été promis à "la famille libérale", le Premier ministre pourrait donc aussi être un membre de l'Open VLD. "Même si je ne vois pas au nom de quoi l'Open VLD, en tant que quatrième parti du gouvernement, pourrait obtenir le poste, théoriquement c'est possible", confirme Francis Van de Woestyne. Si tel était le cas, Gwendolyn Rutten serait en pôle position. "En tant que Présidente de l'Open VLD, elle serait naturellement le premier candidat du parti". Le fait qu'elle soit une femme peut-il l'aider ? "C'est à l'Europe, et non en Belgique, que les femmes étaient recherchées."

© BELGA
Mais il ne faut pas non plus oublier Maggie De Block, l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et à l'Immigration et actuelle ministre de la Justice qui jouit d'une côté de popularité à toute épreuve en Flandre. "A ce titre, elle a presque autant de légitimité que Gwendolyn Rutten".

© BELGA
Viendrait ensuite, mais c'est très peu probable, Alexander De Croo, l'ex-ministre des Pensions, mais également l'homme qui a fait tomber le gouvernement en 2010 engendrant ainsi de nouvelles élections. "Bien évidemment, cet épisode politique joue contre lui", précise Francis Van de Woestyne.

© BELGA
Guy Verhofstadt, le Président des libéraux au Parlement européen, pourrait-il revenir aux affaires au niveau national ? "Non, car la N-VA voire même le CD&V n'en voudrait pas". Le politologue de l'Université d'Anvers tweetait d'ailleurs ceci ce matin : "Il est encore plus facile de faire accepter Di Rupo comme premier ministre à un congrès N-VA que Verhofstadt".

© BELGA
Précisons également que tous ces scénarios sont envisageables uniquement parce que la N-VA a refusé le poste de Premier ministre. Et, "au vu de ces négociations surprenantes à plus d'un titre, le CD&V pourrait peut-être tenter de faire le forcing pour obtenir le poste de Premier en plus de celui de commissaire européen", ajoute le rédacteur en chef de La Libre. "Et, étant donné que Kris Peeters a annoncé qu'il refuserait le poste de Premier, il n'y aurait donc plus que Wouter Beke qui pourrait éventuellement prétendre au titre".

Francis Van de Woestyne tweetait également ceci ce jeudi matin : "Si le CD&V lâche le 16, c'est qu'il ne croit pas bcp à la pérennité du futur gouvernement..."

Difficile donc de savoir avec certitude qui gouvernera le pays au sein de la Suédoise. La désignation des postes de ministres n'interviendra qu'après le bouclage des discussions sur le cadre budgétaire.