Politique belge

Six des sept ministres du nouveau gouvernement wallon, entré en fonction le 28 juillet dernier, ont omis de déclarer certains de leurs mandats, fonctions ou professions, l'exception étant Carlo Di Antonio (cdH), a affirmé vendredi le site Cumuleo, qui détaille les mandats exercés en cumul par les mandataires politiques en Belgique. La Cour des comptes a publié vendredi matin la nouvelle liste des mandats, fonctions et professions exercés par les mandataires politiques et les hauts fonctionnaires. Cumuleo a commencé à intégrer ces données dans sa base de données, a expliqué le fondateur et gestionnaire du site, Christophe Van Gheluwe, parlant d'un "constat édifiant".

Car, selon lui, six des sept ministres wallons - dont le ministre-président Willy Borsus (MR) - ont omis de déclarer certains de leurs mandats, fonctions ou professions.

M. Borsus n'a pas déclaré - ou pas jusqu'au bout - trois mandats, dont deux ont échu en 2013 et 2015, alors que le troisième, celui d'administrateur de l'asbl Gestion et Action Libérale (GAL), court depuis le 22 décembre 2009, indique Cumuleo, sans préciser si ces mandats sont/étaient rémunérés.

La vice-présidente cdH du gouvernement wallon, qui exerce la même fonction au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli, a mis fin à cinq mandats sans les déclarer jusqu'au bout, alors que deux autres, en cours depuis respectivement 2008 et 2015, n'ont pas été déclarés.

Toujours selon Cumuleo, le second vice-président de l'exécutif régional, Pierre-Yves Jeholet (MR), a pour sa part omis de déclarer un mandat qui a expiré en 2015 tout en étant administrateur depuis le 17 avril 2007 de l'asbl Belgomania.

Quant au ministre du Budget, de l'Energie et des Aéroports, Jean-Luc Crucke (MR), il est également administrateur depuis le 3 mars 2014 de l'asbl Institut Jules Destrée, un mandat qu'il a déclaré en 2015, et de la Fondation Mons 2015, un mandat qu'il exerce depuis avril 2008 et qu'il n'a pas déclaré de 2008 à 2013. Il a également cessé d'être administrateur ou n'assiste pas aux réunions d'une asbl et d'une association internationale sans but lucratif (aisbl).

Le ministre cdH de l'Agriculture, de la Nature, des Forêts, de la Ruralité, de la délégation à la Grande Région, du Tourisme et du Patrimoine, René Collin, n'a pas déclaré deux mandats, dont l'un d'administrateur de l'Agence du Tourisme de l'Est de la Belgique, une fondation d'utilité publique, en 2015 et 2016, note encore le site, qui affirme agir en faveur de la transparence et de la lutte contre les conflits d'intérêt et la corruption.

Cumuleo n'épingle la nouvelle ministre des Pouvoirs locaux, du Logement et des Infrastructures sportives, Valérie de Bue (MR), que pour un seul mandat, celui d'administratrice jusqu'en juillet 2017 de l'asbl Nivelles Commerces, qu'elle n'a déclaré qu'en 2012 et 2013.

"Ces manquements ne constituent pas une exception puisque depuis le lancement de Cumuleo en 2009, plus de 700 mandats, fonctions ou professions non déclarés ont été ajoutés", souligne le site.

Il annonce aussi le lancement de son programme MandatsLeaks: à partir de la semaine prochaine, chaque lundi, Cumuleo publiera une série de mandats non déclarés.

M. Van Gheluwe juge en effet "inacceptable que des responsables politiques bafouent, en toute impunité, une loi qui vise à lutter contre leurs conflits d'intérêts, lesquels constituent une préoccupation majeure dans une démocratie".

Cumuleo a enfin profité de cette mise à jour annuelle pour lancer une nouvelle fonctionnalité du site: la recherche géographique, qui permet de découvrir "en un clic les mandats exercés par (les) mandataires locaux, provinciaux, régionaux".

Les explications de Willy Borsus

Suite aux informations données par Cumuleo, le minsitre-président wallon s'est justifié dans un communiqué. "Je tiens à apporter les précisions suivantes", écrit-il : 

- Concernant le Conseil d’administration des Villes et Communes, j’en ai démissionné le 30 octobre 2014 avec effet immédiat.
- Concernant la Maison du tourisme Condroz-Famenne, j’en ai démissionné le 22 octobre 2010
- Concernant le GAL, l’asbl de financement du MR, il s’agit d’un mandat non rémunéré lié à ma fonction au sein du MR, mandat que je n’exerce plus, ce que je vais faire acter formellement.