Politique belge

La Belgique a confirmé jeudi son engagement d'augmenter progressivement ses dépenses de défense en direction des deux pour cent du Produit intérieur brut (PIB) réclamés par l'Otan - et avec une insistance renouvelée par le président américain Donald Trump -, a indiqué le Premier ministre Charles Michel, sans fixer d'échéance. "Nous avons à nouveau confirmé nos engagements du Pays de Galles (pris en 2014, ndlr). Cela signifie qu'une direction existe vers les 2%", a-t-il affirmé à la presse à l'issue d'un sommet de l'Otan de deux jours à Bruxelles au cours duquel M. Trump a pressé ses alliés d'accélérer la hausse de leurs budgets militaires.

Le Premier ministre s'est toutefois refusé à évoquer toute échéance pour la réalisation de cet objectif, en soulignant que la question restera à l'agenda de son gouvernement et qu'elle devra à nouveau être discutée lors de la prochaine législature et la formation du prochain exécutif fédéral.

Il n'est selon lui "pas réaliste" d'imaginer qu'en Belgique et dans bien d'autres pays les 2% puissent être atteints "l'an prochain".

Il a parlé d'un "souhait légitime" de la part des Etats-Unis de voir les Européens assurer davantage de responsabilités, notamment financières, au sein de l'Alliance atlantique, qualifiant les discussions avec M. Trump de "conversation très ouverte" et "franche" des deux côtés sur un meilleur "partage du fardeau".

"Je ne me suis pas senti attaqué" par le président Trump, dont l'obstination à obtenir des promesses fermes de ses alliés a chamboulé le déroulement du sommet sans toutefois causer de "crise", selon le Premier ministre.

Il a lui aussi démenti que le président Trump ait menacé de quitter l'Otan, comme la rumeur a circulé en matinée dans les couloirs du siège. "Au contraire, il a dit publiquement son fort engagement en faveur de l'Alliance atlantique forte", avec plus de responsabilités de la part des partenaires européens "et plus rapidement".

Le gouvernement a, selon M. Michel, décidé dès son entrée en fonction, en octobre 2014, de mettre fin à des décennies d'économies imposées à la défense, souvent considérée comme une variable d'ajustement budgétaire.

"Avant l'élection de Trump, nous avons pris la décision de principe d'investir à nouveau dans l'avenir de notre défense", a rappelé le Premier ministre en citant les 9,4 milliards d'investissements prévu pour l'achat de matériels militaires (avions de combat, navires de guerre, véhicules à roues et drones), avec une concrétisation prochaine de certains contrats.

Le gouvernement a approuvé en juin 2016, à la veille d'un précédent sommet de l'Otan, une "vision stratégique" qui dessine les contours de l'armée belge à l'horizon 2030. Mais qui ne prévoit une hausse des dépenses de défense qu'à hauteur d'1,3% du PIB à cette échéance - contre 0,93% en 2018, selon les dernières estimations de l'Alliance atlantique - soit la moyenne des Etats européens non-nucléaires membres de l'Otan.

Mais M. Michel a souligné que les efforts de la Belgique devaient aussi se mesurer en terme de "capacités" (comme les avions de combat F-16) et de participation aux missions et opérations.

"La Défense belge a été présente, est présente et sera présente sur des terrains comme l'Irak, la Syrie, dans la région baltique, en Afghanistan. Nous avons également été présents en Syrie", a-t-il énuméré.

"Trump a pris un engagement clair pour l'OTAN, et c'est le plus important", dit Reynders

L'Alliance atlantique sort renforcée du sommet qu'elle vient de tenir à Bruxelles, a estimé jeudi le ministre belge des Affaires étrangères. Didier Reynders y voit surtout "l'engagement clair" du président américain Donald Trump envers l'Otan. L'insinuation de M. Trump pour un relèvement à 4% de la part du PIB que chaque Etat membre devrait affecter à la Défense, ou la rumeur selon laquelle les USA auraient menacé de quitter l'OTAN ? "Dans la salle, je n'ai pas entendu cette menace", balaie le chef de la diplomatie belge.

M. Reynders souligne l'importance d'un effort financier accru pour que la Belgique atteigne son objectif de 2%. Il rappelle l'engagement du gouvernement Michel à réaliser 9,4 milliards d'investissements pour l'achat de matériels militaires (avions de combat, navires de guerre, véhicules à roues et drones), avec une concrétisation prochaine de certains contrats.

Si le président américain s'est montré très assertif sur le volet de la charge financière essentiellement, sur le volet opérationnel, "il n'y avait absolument aucune divergence", selon M. Reynders. "Donald Trump adopte un langage clair. Je préfère cela à une approche hypocrite", a-t-il commenté.

Quant à l'attitude distante et les remarques acerbes du président américain, elles ne sont pas de nature à affaiblir l'Otan, juge-t-il. Les partenaires européens peuvent ainsi toujours compter sur l'appui américain dans l'Alliance. "Donald Trump a affirmé durant sa conférence de presse un engagement clair envers l'Otan, et c'est cela le plus important", selon Didier Reynders.