Politique belge Le chef de file d’" Overijse Plus", J.-P. Audag, a exclu le parti Défi de sa liste bilingue.

La sacro-sainte union des francophones en périphérie bruxelloise serait-elle sur le point d’être brisée à Overijse, commune sans facilités ? "La Libre" a appris vendredi que l’ancien libéral et chef de file de "Overijse Plus", Jean-Pierre Audag, et ses colistiers (MR-CDH et une majorité d’indépendants) avaient voté en début de semaine à une large majorité en faveur de l’exclusion pure et simple de tout candidat Défi de leur liste bilingue, jugeant le parti "trop communautaire". Une décision prise sans l’accord du président de la section locale du MR. "La majorité a estimé que la concession qui nous avait été demandée par Madame Wilmès consistant à accorder à Défi deux places sur notre liste allait nous porter préjudice et diminuer nos chances de réussite. Par ailleurs, le président de Défi, Olivier Maingain, est quelqu’un d’imprévisible et nous ne souhaitons pas être liés au bon vouloir d’un quelconque parti", martèle M. Audag.

Wilmès et les listes "Union francophone"

Les choses semblaient pourtant s’être décantées ces dernières semaines à la suite de l’intervention de la présidente du MR Périphérie, Sophie Wilmès, que l’on sait par ailleurs en très bons termes avec les mandataires de Défi au sein de son fief communal de Rhode-Saint-Genèse. "Je regrette que ce vote ait eu lieu alors que Monsieur Audag avait pris l’engagement d’ouvrir sa liste au parti Défi , confie la libérale. Dans ce dossier, il y a visiblement une confusion entre la stratégie politique et ce qui semble constituer un problème de personnes."

Un conflit ancestral entre deux ex-MR

Il existe effectivement un contentieux entre Jean-Pierre Audag et le chef de file Défi à Overijse, Pascal Dujardin. Les deux hommes ont tous les deux été membres du MR. Le premier en a d’abord été exclu (sous l’ère Reynders et déjà en raison de sa volonté de constituer à Overijse une liste bilingue plutôt qu’une liste d’Union francophone), puis l’a réintégré avant de choisir de le quitter, "histoire de me donner toute liberté d’agir et de conduire ma liste comme je l’entends", explique-t-il. Le deuxième a décidé de quitter le MR pour rallier les rangs de Défi. Il y a quelques années, lors d’une assemblée générale du MR local à laquelle Pascal Dujardin n’avait pu assister, Jean-Pierre Audag avait alors plaidé en faveur de la création d’une liste Overijse Plus. Soit une liste qui présenterait dans cette commune sans facilités de la périphérie bruxelloise des candidats francophones mais qui serait sans action communautaire "et, donc, sans membre de Défi", déplorait il y a quelques jours Sophie Rohonyi, présidente de Défi Périphérie. " En périphérie bruxelloise, qu’il s’agisse de communes avec ou sans facilités, il n’est pas possible de mettre le communautaire au frigo", expliquait-elle. " Qu’on veuille l’entendre ou non, il y a là une tutelle flamande et nous ne sommes pas libres de nos choix. Fermer les yeux sur les atteintes au droit linguistique qui ont lieu dans ces communes, pour nous, c’est non !" De son côté, Sophie Wilmès dit vouloir "reprendre contact avec toutes les personnes impliquées dans ce dossier", histoire d e trouver une ultime voie de compromis.