Politique belge La ministre a répondu à Défi alors que l’exode scolaire francophone se confirme encore plus.

Notre récent constat sur une certaine désunion francophone dans le Rand de Bruxelles n’a pas manqué de susciter des réactions dans les états-majors politiques. Et l’analyse de "La Libre" (26/7) a donné lieu à quelques précisions. Nous avons ainsi annoncé la présence à Wemmel des échevins francophones sur la liste du bourgmestre (flamand) sortant Walter Van Steenkiste. "Seuls Christine Lemmens et Vincent Jonckheere ont fait le choix de se présenter avec la N-VA sur cette liste", commente Roger Mertens, tête de liste des Intérêts communaux. "Ce choix, explique-t-il, est somme toute logique dans la mesure où ces deux élus francophones (élus en 2012 sur la liste du bourgmestre Andries) ont préféré soutenir en janvier 2013 la candidature au maïorat de Walter Van Steenkiste plutôt que celle de leur tête de liste, Christian Andries. Il y a aussi lieu de préciser que Bernard Carpriau (MR), troisième échevin francophone, issu de l’ancienne liste de Chris Andries, se présentera comme tête de liste au CPAS sur la liste de cartel Intérêts communaux." Enfin, Roger Mertens (CDH), ex-échevin et actuel conseiller communal, mènera la liste Intérêts communaux à la commune. Elle rassemble des représentants du CDH, de Défi, d’Ecolo, du MR, du PS ainsi que des candidats d’ouverture.

Sophie Wilmès pointe l’attitude de Défi

Dans un autre ordre d’idées, interviewée par nos confrères de "L’Echo", la ministre du Budget, Sophie Wilmès, n’a pas manqué de s’y demander pourquoi Défi n’avait de cesse de vouloir casser l’union des francophones dans la périphérie.

"Cela a commencé à Linkebeek, où ils n’ont que des raisons très faiblardes pour expliquer qu’ils ont monté une liste concurrente à celle du bourgmestre Damien Thiéry. Ils cassent l’union des francophones et cette politique de la terre brûlée, ils la font aussi à Kraainem, avec clairement la volonté, partout où ils le peuvent, d’affaiblir le MR. A cause d’eux, je le rappelle, en 2012, la N-VA a pu s’emparer du maïorat de Wemmel. C’est insensé et déplorable comme comportement. C’est dangereux, on oublie que c’est l’unité qui fait la force des francophones en périphérie. Il y a des impératifs politiques qui doivent transcender nos différences. J’ai l’impression que chez Défi, on met les petits jeux politiques avant la protection des francophones." Et d’ajouter qu’au contraire, avec le MR, seul partenaire francophone de la N-VA, la législature n’a pas été marquée par le communautaire.

Des chiffres scolaires impressionnants

Enfin, le "Laatste Nieuws" révélait, lundi, que 27 % des enfants de la périphérie flamande de Bruxelles sont scolarisés dans des écoles francophones bruxelloises ou wallonnes. L’Agence flamande pour les services d’enseignement (Agodi) a fait une comparaison entre le nombre d’enfants scolarisables et celui des élèves inscrits dans des écoles francophones. Il en ressort que 17 368 des 64 292 élèves de 6 à 18 ans fréquentaient une école francophone. C’est dans les six communes à facilités que les moyennes sont les plus élevées. Soit dans l’ordre : Drogenbos (60 %), Linkebeek (59 %), Rhode-Saint-Genèse (46 %), Kraainem (41 %) et, enfin, Wezembeek et Wemmel (40 %). Du côté des communes sans facilités, les données sont aussi interpellantes. Avec ici, par ordre décroissant : Sint-Pieters-Leeuw (32 %), Zaventem (31 %), Machelen (29 %), Beersel (28 %) et Dilbeek (24 %).

Willy Segers, député flamand N-VA et bourgmestre de la dernière commune citée, a d’emblée demandé des ressources supplémentaires pour construire des écoles dans la périphérie… Avec, sans nul doute, l’aval de tous les partis flamands de la périphérie.