Politique belge

Le Premier Ministre vient de recevoir la décision du Gouvernement flamand d’entamer une procédure en conflit d’intérêts à l’encontre des instructions que Melchior Wathelet a données cette semaine à Belgocontrol. Par conséquent, cela se traduit par la suspension immédiate de l’exécution des instructions du Secrétaire d’Etat à la mobilité.

Dans un communiqué, le Premier ministre Elio Di Rupo a annoncé que le plan Wathelet II relatif au survol de Bruxelles était suspendu: "Le Premier Ministre Elio Di Rupo vient de recevoir la décision du Gouvernement flamand d’entamer une procédure en conflit d’intérêts à l’encontre des instructions que le Secrétaire d’Etat à la mobilité a données cette semaine à Belgocontrol. La conséquence légale directe de cette procédure est la suspension immédiate de l’exécution des instructions du Secrétaire d’Etat à la mobilité."

Par ailleurs, "Elio Di Rupo comprend la situation très difficile vécue par les habitants affectés par les nuisances aériennes. Cette situation implique des corrections afin de diminuer les nuisances sonores, dans un cadre équilibré et négocié. Toute solution ne pourra être élaborée que par le dialogue constructif et apaisé avec l’ensemble des parties concernées."

Le Premier Ministre rappelle que la garantie de la sécurité des citoyens constitue la priorité absolue et précise que la recherche d’une solution passe par des analyses de sécurité, qui garantissent le respect des normes aériennes de sécurité les plus strictes. Enfin, le Premier Ministre en appelle au sens des responsabilités de tous.

Gosuin: "La Flandre gagne à 100%, les Bruxellois survolés abusivement pour longtemps"

Dans le dossier des nuisances des avions, la majorité Di Rupo (PS-MR-cdH, côté francophone) aura décidément bu le calice jusqu'à la lie sur le dos de 500.000 Bruxellois qui seront encore pendant longtemps survolés abusivement, a affirmé jeudi en fin de journée le chef de file des FDF en Région bruxelloise, Didier Gosuin.

Pour le député-bourgmetsre d'Auderghem, "si le cdH a une responsabilité écrasante dans ce dossier qui a été mal géré, le MR et le PS sont aujourd'hui complices de ce travail bâclé. Une fois de plus, la Flandre sort gagnante à 100%. C'est elle qui profite principalement des retombées économiques de l'aéroport et sa population reste préservée des nuisances au détriment des Bruxellois qui, eux, souffrent comme jamais".

M. Gosuin estime que l'on "vit dans un pays de fous. Même Wathelet et Milquet aboutissent à la conclusion que leur plan est un échec et qu'il faut le changer - mais tout est maintenu en l'état".

Le père-fondateur des normes bruxelloises de bruit s'est par ailleurs demandé pourquoi le gouvernement bruxellois n'a pas fait, en février, ce que le gouvernement flamand fait aujourd'hui en actionnant le conflit d'intérêt.

A ses yeux, les Bruxellois ont été mal défendus. Tant le ministre francophone responsable de la Mobilité, le cdH Melchior Wathelet, que les vice-Premiers MR et PS au gouvernement fédéral portent la responsabilité de ce survol abusif.

M. Gosuin a rappelé que dans le contexte actuel de bataille juridique sur ce dossier, sa commune finançait un recours au Conseil d'Etat introduit par des riverains survolés.

Milquet déplore un "blocage du gouvernement flamand, pas des francophones"

La vice-Première ministre cdH Joëlle Milquet a attribué jeudi en fin de journée les derniers développements du dossier des nuisances des avions à un blocage du gouvernement flamand, qui a introduit un conflit d'intérêts contre les récentes décisions du secrétaire d'État à la Mobilité, Melchior Wathelet (cdH). "C'est très dommage, mais ce ne sont pas les francophones qui ont enclenché un conflit d'intérêts, c'est une décision du gouvernement flamand", a-t-elle commenté peu avant une réunion internationale à Val Duchesse sur les jeunes Européens partant combattre en Syrie.

Melchior Wathelet "déçu" par la procédure lancée par le gouvernement flamand

Le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, a fait part jeudi de sa "déception" face à la décision du gouvernement flamand d'engager une procédure en conflit d'intérêts contre l'envoi de nouvelles instructions modifiant les routes aériennes autour de l'aéroport de Bruxelles-National - qui a entraîné leur suspension "immédiate".

"Je prends acte avec beaucoup de déception de la décision du gouvernement flamand qui empêche d'apporter l'apaisement aux justes revendications des Bruxellois. Ma décision apportait des premières et nécessaires améliorations dans le respect des accords signés par tous. L'approche des élections a sans doute animé cette décision regrettable", a indiqué M. Wathelet dans un bref communiqué.

Survol de Bruxelles: Milquet appelle au soutien francophone, Onkelinx déplore une provocation

La vice-Première ministre cdH Joëlle Milquet a appelé jeudi midi, dans une conversation sur le site internet du journal 'Le Soir', les partis francophones à soutenir le plan Wathelet, une attitude que son homologue PS Laurette Onkelinx a qualifiée de provocation.

"Les partis francophones, si prompts à critiquer le plan dit Wathelet - on devrait parler de plan Leterme - doivent maintenant s'exprimer et nous soutenir. Je suis surpris, on veut améliorer les choses et les autres partis ne disent plus rien", a affirmé Mme Milquet sur lesoir.be.

Sur sa page Facebook, la vice-Première ajoute que le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, a répondu "sans aucune difficulté" aux précisions d'information demandées en matière de sécurité. "Chacun sait que depuis des années des éléments de 'sécurité' ont été très souvent faussement évoqués par certains pour ne pas changer les survols vers des zones pourtant non densément peuplées", ajoute-t-elle.

'Le Soir' rapporte également la réaction de la vice-Première ministre Laurette Onkelinx, également sur Facebook, qui évoque une "provocation" de la part de Joëlle Milquet. "Loin de l'agitation, nous cherchons des solutions crédibles, durables et sûres. (...) Je n'ai aucune envie de partager la responsabilité d'une catastrophe aérienne. Il faut du changement pour soulager la population qui souffre du nouveau plan aérien. Il y a urgence, oui, mais l'improvisation, non"

"Melchior Wathelet mène campagne sur le dos de la sécurité"

L'Open Vld saisira le Conseil d'État si le secrétaire d'État à la Mobilité, Melchior Wathelet (cdH) maintient ses décisions récentes sur les routes d'avions survolant Bruxelles et sa périphérie, a affirmé jeudi sa présidente, Gwendolyn Rutten. Les trois partis du gouvernement flamand, CD&V, sp.a et N-VA ont pour leur part opté pour le conflit d'intérêts qui renvoie le dossier au comité de concertation.

Si Melchior Wathelet persiste, "c'est très simple, nous irons au Conseil d'État", a répondu Mme Rutten lors d'une conversation sur le site internet du quotidien 'De Tijd'.

La présidente de l'Open Vld juge que le secrétaire d'État cdH mène campagne "sur le dos de la sécurité" et fait observer que Belgocontrol lui-même - l'organisme chargé du contrôle de l'espace aérien belge - s'interroge sur cet aspect du plan Wathelet.

La répartition des routes de décollage et d'atterrissage à l'aéroport de Bruxelles doit être "équitable" et "chacun doit y contribuer", reconnaît-elle, mais ces routes doivent aussi être sûres, ajoute-t-elle.

Les nouvelles instructions publiées sur le site de Belgocontrol

"Les deux notams ("notices to airmen", messages aux navigants aériens modifiant les routes aériennes autour de l'aéroport de Bruxelles) ont été publiés sur le site de Belgocontrol. Il n'y a aucun problème de sécurité par rapport aux instructions de la DGTA (Direction générale du Transport aérien) à la demande de Melchior Wathelet", a indiqué jeudi la porte-parole du secrétaire d'Etat à la Mobilité. Une polémique est née jeudi matin sur la mise en oeuvre des nouvelles routes visant à corriger le survol de Bruxelles, certains affirmant que Belgoctrol s'y opposait pour des raisons de sécurité.

Le gouvernement bruxellois est unanime derrière l'action en cessation environnementale

Le gouvernement bruxellois est unanime derrière l'action en cessation environnementale du plan de répartition du trafic aérien en vigueur depuis le 6 février dernier. Il n'a pas l'intention d'intenter une action en conflit d'intérêt, devant le comité de concertation entre le gouvernement fédéral et ceux des entités fédérées car sa propre législation lui suffit à ester en justice, a affirmé jeudi le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort. "Nous avons une législation qui nous permet d'agir autrement que le fait le gouvernement flamand, a commenté le ministre-président bruxellois sans émettre de jugement sur l'option choisie par le gouvernement Peeters.

M. Vervoort (PS) s'est toutefois interrogé sur le "mauvais timing" de ce dossier revenu à l'avant plan de l'actualité en pleine période électorale.

"C'est la raison pour laquelle nous avons refusé d'entrer dans la polémique et nous avons voulu objectiver les données avec Mme Huytebroeck avant d'intenter une action qui devrait être plaidée en juin, en dehors du climat électoral. Il était en tout cas nécessaire que le gouvernement bruxellois montre qu'il s'occupe de tous les bruxellois, a précisé le ministre-président, interrogé en marge d'une présentation du bilan du gouvernement bruxellois par les ministres et secrétaires d'Etat réunis au grand complet.

Dans le camp néerlandophone, le ministre Guy Vanhengel (Open Vld) a confirmé que l'action en cessation initiée par la ministre de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo) et M. Vervoort pour défendre les intérêts de la population bruxelloise ne faisait l'objet d'aucune contestation au sein du gouvernement qui n'a d'ailleurs pas abordé ce sujet lors de sa réunion, jeudi matin.