Politique belge

Dans une note destinée au mouvement citoyen "Pas Question"!, Joëlle Milquet précise sa position sur le délicat dossier du survol de Bruxelles.

A court terme

La tête de liste cdh à Bruxelles (Région) dit "oui" à la suppression complète des nouvelles routes mises en œuvre le 6 février. Joëlle Milquet en fait même une condition pour intégrer un gouvernement: "Il faut supprimer sans délai les nouvelles routes survolées sur base de l'application par Belgocontrol de la phase 6 de l'accord du gouvernement Leterme indûment appelé plan Wathelet. Pour ne pas attendre la formation du gouvernement, le cdH a d’ailleurs été le seul parti et premier parti à officiellement déposer au dernier Conseil des ministres du 25 avril, une note claire proposant à la fois" :

- la fin des nouvelles routes (route Sopok : responsable des nuisances sur la zone Etterbeek, Auderghem et Watermael-Boitsfort ainsi que les nouveaux survols sur le canal) ;

- le transfert complet de ces nouveaux survols vers une route non densément peuplée contournant Bruxelles (route Zoulou).


Pour Milquet, la seule différence entre Pas Question et le cdH concerne la seconde partie de ses propositions, c'est pourquoi elle ajoute: "Nous nous étonnons que malgré une position aussi claire, vous persistez à faire croire que nous serions contre ce que les habitants nouvellement survolés demandent exclusivement : la suppression des nouvelles routes. L’utilisation du terme « moratoire » est en effet confuse et très mal interprétée. Si le terme « moratoire » tel que vous l’avez imaginé ne visait que la suppression des nouvelles routes, nous le défendrions bien évidemment."

Retour des nuisances de l'Oostrand, pas question!

Pour Joëlle Milquet, le moratoire n'est pas une solution acceptable: "Un moratoire signifie le retour des nuisances sur les autres Bruxellois de l'Oostrand. C’est sur ce point, et sur ce point uniquement, que nous divergeons. Nous voulons, quant à nous, que les nouvelles routes à supprimer soient déplacées vers des zones non densément peuplées au large de Bruxelles selon des modalités consensuelles à déterminer au plus vite. Nous ne voulons pas remettre les nuisances sur nos voisins bruxellois de l’Oostrand, parfois habitants des mêmes communes que celles en partie nouvellement survolées ! Oui, il sera possible, pour le cdH, de déterminer ces modalités, le plus vite possible, c’est-à-dire aussitôt après les élections sans attendre l’accord de gouvernement, même si on sera en affaires courantes. En effet, comme vient de l’affirmer hier, le 19 mai 2014, le Premier ministre, Elio Di Rupo, sur le plateau de la RTBF, à quelques jours des élections, le climat électoral rend toute décision consensuelle des 6 partis membres du gouvernement impossible avant les élections. Le cdH en a fait l’expérience en ayant proposé deux fois des décisions soit refusées, soit attaquées par un recours de la Flandre."

Mesures exigées par le cdH

Le cdH avance déjà les exigences qu'il mettra sur la table des négociations:

• Diminuer drastiquement le survol de Bruxelles et supprimer complètement les nouvelles routes dont la Sopok vers les zones non densément peuplées hors Bruxelles, sans donc remettre les nuisances sur les quartiers récemment soulagés et ce, sur base d’études scientifiques et en collaboration avec tous les comités de riverains et les partis concernés pour trouver une nouvelle solution collective consensuelle ;

• Défendre au niveau européen la fin des vols de nuit et, en attendant, allonger le dispositif de nuit pour la tranche horaire de 22h à 7h au lieu de 23h à 6h ;

• Elaborer et mettre en oeuvre une véritable politique aéroportuaire fédérale en spécialisant les aéroports avec notamment une délocalisation du low cost et des charters vers Charleroi et du cargo vers Liège pour faire de l’aéroport de Bruxelles-National un « City airport » ;

• Plafonner à maximum 200.000 le nombre de mouvements à l’aéroport de Bruxelles-National ;

• Investir dans les infrastructures de l’aéroport avec un allongement de la piste L25 pour permettre un décollage et un taxiway permettant d’utiliser davantage cette piste, ce qui permettrait de virer plus tôt vers le sud sans survoler Bruxelles et en privilégiant des zones peu habitées ;

• Etendre le réseau des sonomètres de Bruxelles-Environnement et de Brussels Airport en les plaçant en nombre suffisant dans toutes les communes survolées ;

• Mettre en oeuvre l’Organe de contrôle, imposer les contrôles a priori et a posteriori, faire pleinement appliquer les amendes imposées aux compagnies aériennes pour infraction à la législation bruxelloise ainsi que les normes de bruit ;

• Créer une plateforme de dialogue permanent avec les riverains et les autorités.