Politique belge

Le reportage de la VRT sur l'organisation d'extrême-droite Schild & Vrienden a fait l'effet d'une bombe dans le paysage politique belge. Beaucoup de regards se sont tournés vers la N-VA et l'une de ses figures de proue, le très médiatique Theo Francken. L'homme a exprimé son indignation, estimant qu'il ne retrouvait ni sa Flandre, ni ses valeurs dans ce qu'il avait vu. La réaction n'a pas calmé la polémique et sur les réseaux sociaux circulent des photos où des jeunes de Schild & Vrienden prennent la pose aux côtés du secrétaire d'Etat.


Par une triste coïncidence, le monde francophone s'émeut jeudi de la video de l'animatrice Cécile Djunga qui dénonce le torrent de propos racistes qui s'abat sur elle depuis un an.

Ecolo avait été vilipendé à la suite de la diffusion par Ecolo J, l'organisation de jeunesse du parti, d'une photo représentant M. Francken en uniforme de la Whermacht. Les co-présidents des Verts avaient refusé de s'excuser, tout en précisant qu'ils n'auraient pas dit les choses de cette manière. Aujourd'hui, ils s'en prennent clairement au secrétaire d'Etat.

"J'aimerais vivre dans une société où personne, ni Cecile Djunga, ni Moussa, ni Karen... n'est prisonnier des images de Theo et ses amis. C'est notre responsabilité à tous. Plus encore celle des politiques et des médias. Ensemble contre le racisme !" a lancé Patrick Dupriez sur twitter, en commentaire d'une de ces photos de M. Francken.

"Quand on n'a même plus besoin de caricatures...", a dit, plus laconiquement, Zakia Khattabi qui embraie en demandant la mise en oeuvre de politiques efficaces de lutte contre le racisme, notamment les tests de situation qui ont été annoncés.

Le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, a réclamé un plan contre l'extrême-droite. La résurgence de celle-ci ne vient pas de nulle part, a-t-il fait remarquer, en rappelant la présence de M. Francken à l'anniversaire d'un ancien collaborateur des nazis.

Le président du CD&V, Wouter Beke, a publié sur le site de son parti un billet intitulé "On récolte ce que l'on sème". Si ni la N-VA, ni M. Francken ne sont nommés, il n'en sont pas moins visés, au même titre que d'autres, pas davantage nommés, prompts par exemple à traiter de "fascistes" ceux qui ne partagent pas leur point de vue.

"Nous pouvons envoyer des jeunes à l'université, nous pouvons les éveiller la citoyenneté, et les parents peuvent faire de leur mieux pour apprendre le respect à leurs enfants. Mais que peut-on faire si les figures de proue de notre société, les politiciens populaires ne prennent plus cette peine? S'ils nourrissent eux-mêmes les conflits, blessent les gens ou les dressent les uns contre les autres? S'ils cherchent un coupable à un problème plutôt qu'une solution?", a-t-il écrit.

Et de préciser, en citant un de ses professeurs: "Si tu veux exprimer ton avis, réfléchis dix secondes avant de dire quelque chose".

Le commentaire a reçu l'appui de la cheffe de groupe cdH à la Chambre Catherine Fonck. "Quand les politiques participent à dresser les gens les uns contre les autres, quand ils désignent des coupables qui seraient responsables de tous les maux plutôt que de chercher des solutions, quand ils insultent les gens... J'ai aussi envie d'une toute autre #politique", a-t-elle ajouté sur Twitter.