Politique belge

Le secrétaire d'État fédéral à l'Asile et la Migration Theo Francken a rejeté vendredi l'appel de la Région bruxelloise au Fédéral pour assumer le coût de l'accueil des personnes sans titre de séjour et en transit en Belgique, sur le territoire bruxellois.

"0 euro", a tweeté le responsable N-VA en réponse à la volonté bruxelloise d'adresser au Fédéral la facture de la réouverture de la Porte d'Ulysse à Haren, qui permet d'héberger quelque 200 personnes. Ce centre, ouvert dans le cadre de l'accueil d'hiver 2017-2018, devait fermer ses portes le 30 avril, mais "il n'est pas moralement responsable de laisser des centaines de personnes chercher refuge dans l'espace public, dans nos gares ou nos parcs", avait souligné le ministre bruxellois Pascal Smet (sp.a), en charge de l'Aide aux personnes avec Céline Fremault (cdH).

Pour Theo Francken, il faut en revanche en finir avec "la politique du câlin ('knuffelpolitiek', ou politique Bisounours) envers les illégaux". Interrogé sur la VRT, il renvoie la balle aux bourgmestres et aux services de police bruxellois, qui selon lui refusent d'agir. Il cible notamment le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (DéFI), accusé de mener "un petit jeu électoraliste en se faisant passer pour le plus grand des humanistes", dénonce les "humanistes de gauche qui s'opposent au gouvernement de droite, à Francken et à Jambon" (le ministre N-VA de l'Intérieur), et dit lutter contre ceux qui laissent se créer "un hub migratoire entre l'Italie et le Royaume-Uni". Le secrétaire d'État souligne que les personnes concernées doivent introduire une demande d'asile, auquel cas elles recevront le même jour de quoi se nourrir et se loger.


Le CD&V ouvert à une concertation, l'Open Vld reste ferme

A l'inverse de la N-VA, le CD&V s'est montré ouvert vendredi à une concertation pour la prise en charge de l'accueil des personnes sans titre de séjour et en transit en Belgique, sur le territoire bruxellois. "Ce que j'ai compris, c'est que Bruxelles veut proposer une solution aux plus démunis", a commenté le vice-Premier ministre CD&V Kris Peeters au micro de la VRT, à son arrivée au conseil des ministres.

"Il s'agit des sans-abri, de malades et de mères avec enfants. Je pense que nous ferions mieux de nous concerter et de résoudre le problème. Quant à savoir qui paiera la facture, c'est sur cela que nous allons nous concerter", a-t-il poursuivi.

Le ton était plus tranché côté Open Vld, où le vice-Premier ministre Alexander De Croo a semblé soutenir la position du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA), qui rejetait la responsabilité sur les communes et les services de police bruxellois, et refusait toute compensation à la Région bruxelloise.

"Si chacun balayait devant sa porte, toute la rue serait plus propre", a commenté le libéral flamand, dans le registre controversé du nettoyage qu'avait déjà utilisé M. Francken. "Toutes les villes et communes ont fait de leur mieux pour maintenir la crise de l'asile sous contrôle", croit-il pouvoir affirmer. Dès lors à ses yeux, "Bruxelles ne peut pas ainsi transférer la facture" au Fédéral.