Politique belge

Trois mains innocentes - celles d'enfants provenant des trois Communautés, deux fillettes et un garçon - ont tiré mercredi midi au sort les numéros des treize listes nationales pour les élections législatives anticipées du 13 juin prochain, en présence de la ministre de l'Intérieur, Annemie Turtelboom (Open Vld), grande organisatrice du scrutin, et des responsables de ces partis.

Dans une ambiance collégiale malgré la lutte électorale qui s'annonce, le Vlaams Belang a décroché le numéro un, l'un des plus convoités, selon les présidents de partis interrogés avant le tirage.

Mais à l'issue de la cérémonie, organisée dans un bâtiment du ministère de l'Intérieur à Bruxelles, chacun faisait devant les nombreux journalistes présents contre mauvaise fortune bon coeur, se déclarant satisfait du précieux numéro. L'un des deux co-présidents d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, espérait ainsi un numéro comme le 1, le 2 ou le 7 et si possible "pas au-delà de 9". Avec le 12 finalement tiré, il a souligné qu'il s'agissait désormais "d'un pourcentage à dépasser" le 13 juin, dans pratiquement un mois jour pour jour.

Le tirage au sort, "c'est un moment symbolique, le lancement réél de la campagne", a déclaré le président du PS, Elio Di Rupo.

Son vice-président André Flahaut a souligné que le numéro 5 du PS allait être "immédiatement communiqué" aux imprimeurs pour leur permettre de lancer la production des affiches et des dépliants de campagne.

Interrogé sur le numéro un décroché par le Vlaams Belang, le président du MR, Didier Reynders, a assuré que son parti ne serait pas en concurrence avec la formation d'extrême droite flamande, sauf dans l'arrondissement - non scindé - de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). "J'espère que les gens préféreront le MR" au Belang, a-t-il ajouté après avoir obtenu le 6. "Quel pays", a pour sa part laissé échapper à voix basse la présidente du cdH, Joëlle Milquet (créditée du numéro 8), lors de l'attribution du numéro un au Vlaams Belang.

Ce parti a souligné que son numéro collait parfaitement au slogan choisi pour cette campagne: "Vlamingen eerst" ("les Flamands d'abord").

Le président de la LDD (Lijst Dedecker), Jean-Marie Dedecker, a pour sa part dressé un parallèle avec le numéro tiré et sa "troisième participation aux élections".

Alexander De Croo, le chef de file des libéraux flamands de l'Open Vld, s'est amusé "de ce morceau de folklore". "Ce qui est surtout important c'est que nous avons de bons candidats sur nos listes", a-t-il dit, en présence de son père, Herman, qui expliquait fièrement qu'il en était à sa dix-septième campagne électorale.

La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, a expliqué accorder peu d'importance au numéro (le 9) attribué aux chrétiens-démocrates flamands. "Ils m'ont rappelé que l'an dernier nous avions déjà le numéro 9. Je l'avais déjà oublié. Pour vous dire que je n'accorde pas tellement d'importance au numéro", a-t-elle confié.

Son homologue du sp.a, Caroline Gennez, a qualifié le dix de "bon chiffre". "A l'école, j'avais rarement dix sur dix", a-t-elle admis. Quant au président de la NV-A, Bart De Wever, crédité du numéro 11, il a souligné que "cela fait deux fois un".

Les listes pourront être déposées dès jeudi

Dès jeudi, malgré le congé de l'Ascension, et vendredi, jour de "pont", les partis politiques pourront déposer leurs listes de candidats aux élections législatives du 13 juin aux tribunaux de première instance qui font office de bureaux principaux des circonscriptions électorales pour la Chambre ou des collèges électoraux pour le Sénat. Le délai de dépôt expire le vendredi 14 mai à midi. Les candidats et les électeurs qui ont remis les actes de présentation pourront ensuite prendre connaissance des actes de présentation et formuler leurs observations. Le bureau principal arrêtera provisoirement les listes de candidats le samedi 15 à 16h00. Il pourra déjà écarter certaines listes à ce moment.

Les déposants des listes qui auraient été écartées parce qu'irrégulières pourront remettre un mémoire avant le mardi 18 mai à 16h00 pour faire valoir leurs arguments. Le bureau principal procédera ensuite à l'arrêt définitif des listes. Les candidats écartés pourront faire appel de la décision devant la Cour d'appel ou le Conseil d'Etat s'il s'agit d'un recours relatif à une déclaration d'appartenance linguistique pour le Sénat.

Ces recours seront examinés le samedi qui suit, soit le 22 mai.