Tournai, ce bastion socialiste

Jonas Legge Publié le - Mis à jour le

Politique belge 36 ans. Voilà 36 ans que les Tournaisiens font les yeux doux au Parti socialiste en lui offrant, mandat après mandat, le poste de bourgmestre. En 2006, il s'en était pourtant fallu de très peu pour que le MR et sa bouillonnante machine à voix Marie-Christine Marghem ne vienne briser cette hégémonie. Cette année, cependant, la voie semble toute tracée pour que le PS conforte, haut la main, son leadership.

Et pour cause, les citoyens de la Cité des Cinq clochers auront, le 14 octobre prochain, l'occasion de voter pour un nouveau venu de poids sur les listes électorales. Nouveau, certes, mais pas méconnu pour autant puisqu'il s'agit de Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Sa venue va certainement faire progresser le PS", confie d'ailleurs Marie-Christine Marghem, dont le parti s'est vu déforcé après que certains libéraux aient quitté le navire MR pour créer une formation dissidente sous la bannière "Tournai Plus".

Demotte ne veut pas jouer à L'Ecole des Fans

La question ne sera donc pas tellement de savoir quel sera le premier parti en terme de représentativité. Mais plutôt quelles formations vont monter dans la majorité... Il se murmure que le PS pourrait poursuivre l'aventure avec son partenaire actuel, le cdH. Rudy Demotte assure cependant qu'"aucun engagement préélectoral n'est envisagé". De son côté, la tête de liste MR affirme que son parti "a vocation à être dans une majorité". Ce à quoi le socialiste répond : "J'entends le même discours du cdH, d'Ecolo et de la liste Tournai Plus. On ne peut pas jouer à L'Ecole des Fans et dire que tout le monde gagne. Mais c'est positif sous l'angle de la volonté participative". Le mystère reste donc entier...

Bourgmestre empêché, "ça en dérange beaucoup"

Mais certains nuages viennent ternir l'horizon socialiste qui semblait aussi dégagé qu'un ciel d'été à la Côte d'Azur. Car le futur maïeur sera un bourgmestre empêché, ses fonctions ministérielles ayant cours jusqu'aux élections régionales, en 2014. "Ça ne me dérange pas personnellement, mais je vois que ça en dérange beaucoup", lâche Madame Marghem. Rudy Demotte, lui, retourne la situation en sa faveur. "Il faut sortir des murs pour aller chercher des moyens en-dehors de Tournai. Tout le temps où j'agis sur le terrain ministériel, je me bats évidemment pour la Wallonie et l'intérêt général, mais aussi pour un regard tendre pour Tournai."

"Un interlocuteur de haut niveau"

Outre ce léger "empêchement", certaines voix se sont également élevées pour pointer l'arrivée, au début de l'année 2010, d'une figure extérieure dans le but de renforcer la prépondérance du PS à Tournai. Marie-Christine Marghem affirme ne pas y voir d'inconvénient mais en profite pour placer une estocade. "La différence que j'ai tout de suite citée à son arrivée, c'est que j'ai un interlocuteur de haut niveau, ce que je n'avais pas avant." Christian Massy, le bourgmestre actuel, appréciera...

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