Politique belge

Que le Vlaams Belang invite amicalement la présidente du Front national français, Marine Le Pen, comme guest star lors d’un colloque, cela semble cohérent d’un point de vue idéologique. Par contre, il est étonnant d’un point de vue démocratique que tout cela se déroule dans l’enceinte sacrée du parlement flamand (situé à Bruxelles, à quelques mètres du parlement fédéral). Toutefois, les services de Jan Peumans (N-VA), le président de l’assemblée régionale expliquent que toutes les règles ont été respectées pour la venue de la patronne de l'extrême droite française, ce mardi soir à 19h30. “Les parlementaires peuvent inviter tout le monde, précise le porte-parole du président, mais à condition que la conférence ou le colloque respectent les règles de sécurité. Dans le cas de Marine Le Pen, il n’y a aucun problème puisque la demande a été correctement adressée par les députés du Vlaams Belang et que, d’autre part, Marine Le Pen est une personnalité politique démocratiquement élue. Le bureau élargi du parlement a donné son accord pour l’organisation de ce colloque. Tous les partis ont accepté.

Jan Peumans (N-VA) ne viendra pas

Y compris donc le CD&V, dont certains élus s’interrogeaient mardi au sujet de l’opportunité de cette invitation sulfureuse… “Je trouve dommage qu’un symbole de la xénophobie et du discours antieuropéen soit invité au parlement flamand, a déclaré le député flamand du CD&V Joris Poschet. Je redoute que cela ne soit pas bon pour l’image du parlement à l’échelle internationale, et à l’égard des francophones.” Quant à Jan Peumans lui-même, on apprend qu’il ne sera pas présent pour accueillir Marine Le Pen. Une absence diplomatique de celui qui, au sein de la N-VA, représente un courant plus centriste politiquement ? “Non, c’est vraiment un problème d’agenda”, répond son porte-parole.