Politique belge

De Washington à Moscou, les appels à l'unité contre le terrorisme se sont succédé mardi après les attentats de Bruxelles qui, selon plusieurs leaders européens, ont visé "l'Europe" et ses valeurs démocratiques, et qui ont provoqué les larmes de la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini.

Voici les principales réactions, alors que plusieurs pays d'Europe ont renforcé leurs mesures de sécurité dans les lieux névralgiques, dont la France, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne:

UNION EUROPEENNE:

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déploré "un jour très triste pour l'Europe", lors d'une conférence de presse à Amman où elle a fondu en larmes, avant que le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Judeh ne tente de la réconforter et n'écourte ce point presse.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a fait part de son "horreur". "Ces attaques marquent un nouveau niveau de bassesse par les terroristes au service de la haine et de la violence".

FRANCE

Le président François Hollande: "A travers les attentats de Bruxelles, c'est toute l'Europe qui est frappée". L'Europe doit prendre "les dispositions indispensables face à la gravité de la menace". "La France, qui a été elle-même attaquée en janvier et novembre dernier, y prend toute sa part" (communiqué).

Le Premier ministre Manuel Valls: "Nous sommes en guerre, nous subissons depuis plusieurs mois en Europe des actes de guerre. Et, face à cette guerre, il faut une mobilisation de tous les instants".

ALLEMAGNE

Le chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier: Ces attentats "visent le coeur de l'Europe (...). En ces heures difficiles, l'Europe se tient debout ensemble et de manière solidaire. La Belgique n'est pas seule".

Le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière: "L'objectif des attaques était un aéroport international et une station de métro située près des institutions européennes. Cela semble indiquer que ces attaques ne visaient pas seulement la Belgique mais aussi notre liberté de mouvement, notre mobilité", des valeurs qui "font partie de l'Union européenne". Il a prôné un "combat dur et déterminé contre le terrorisme". "Il ne faut pas reculer".

ITALIE

Le président Sergio Matterella: Les attentats "confirment de manière tragique que l'objectif du terrorisme fondamentaliste est la culture de liberté et la démocratie. (...) La réponse à la menace terroriste se trouvera dans une solide unité des pays de l'Union européenne. (...) La liberté et l'avenir du vivre-ensemble humain sont en jeu".

GRANDE-BRETAGNE

Le Premier ministre David Cameron, après une réunion d'urgence sur les attentats: "Nous ne laisserons jamais ces terroristes gagner". "Nous faisons face à une menace terroriste très concrète à travers les différents pays européens et nous devons l'affronter par tous les moyens".

ETATS-UNIS

Le président Barack Obama, depuis La Havane, a appelé le monde à "s'unir" face à ceux qui "menacent la sécurité" des peuples. "Nous ferons tout ce que nous pourrons pour soutenir nos amis et alliés", a déclaré M. Obama, qui a appelé le Premier ministre belge Charles Michel pour lui exprimer son soutien.


Le candidat à la présidentielle américaine Donald Trump: "La Belgique est devenue un film d'horreur" (sur la chaîne NBC). "Bruxelles était une belle ville, il y avait zéro violence. Et maintenant c'est devenu une catastrophe, un désastre total (...) Nous ne permettrons pas que cela se produise dans notre pays" (sur Fox news).

ESPAGNE

Le chef (sortant) du gouvernement Mariano Rajoy sur Twitter: "Le terrorisme ne parviendra pas à nous vaincre. L'unité des démocrates en Europe l'emportera toujours sur la barbarie et de la folie".

PORTUGAL

Le président Marcelo Rebelo de Sousa, évoquant un attentat "qui a frappé le c?ur de l'Europe": "C'est dans ces moments que l'on se rend compte que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. C'est la lutte pour la démocratie, pour la liberté et pour les droits de l'Homme, pour la dignité".

SUEDE

Le Premier ministre Stefan Löfven: "C'est une attaque contre l'Europe démocratique. Nous n'accepterons jamais que des terroristes attaquent nos sociétés ouvertes".

PAYS-BAS

Le Premier ministre Mark Rutte: "l'Europe a été touchée au coeur" mais "nous restons qui nous sommes et ce que nous sommes: une société ouverte et démocratique, qui ne se laisse pas diriger par des attentats".

DANEMARK

Le Premier ministre Lars Løkke Rasmussen a exprimé sur Twitter "tristesse et colère" après ces attaques "abjectes". "Nous allons les traquer (les terroristes) et rester unis dans notre lutte pour les valeurs européennes".

GRECE

Le Premier ministre Alexis Tsipras sur Twitter: "Nous exprimons la solidarité de la Grèce au peuple belge. La peur, la haine religieuse et le racisme ne doivent pas vaincre l'Europe"

Le ministre des Affaires étrangères Nikos Kotzias sur Twitter: "Le capital de notre Union (européenne) est attaqué. Nous pleurons les morts et engageons à vaincre la terreur par la démocratie" et, en français dans le texte:"Nous sommes tous Bruxellois"

RUSSIE

Le président Vladimir Poutine: ces attentats "montrent une nouvelle fois que le terrorisme ne connaît pas de frontières et menace les populations du monde entier", "la lutte contre ce mal nécessite la coopération internationale la plus active", selon le Kremlin.

TURQUIE

Le président Racep Tayyip Erdogan a "condamné fermement les attaques terroristes inhumaines" perpétrées Bruxelles. "La Turquie se tient aux côtés de la Belgique en ces jours difficiles. Notre peuple, qui a lui aussi été victime de ces attaques cruelles, ressent profondément la douleur du peuple belge et la partage".

"Les terroristes qui ont visé Bruxelles, après des attaques menées récemment par le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan ndlr) à Ankara et Daech à Istanbul qui ont pris des dizaines de vies, montrent une fois de plus qu'ils ne respectent aucune valeur ni aucune limite humaine ou morale et qu'il n'y a aucune différence dans les méthodes qu'ils utilisent", a estimé le chef de l'Etat turc dansun communiqué.

OTAN

Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg: "C'est une attaque contre nos valeurs et nos sociétés ouvertes. Le terrorisme ne vaincra pas la démocratie et ne nous enlèvera pas nos libertés". Le niveau d'alerte au siège de l'OTAN a été relevé.

VATICAN

Le pape François a condamné "la violence aveugle qui engendre tant de souffrances". Il "confie à la miséricorde de Dieu les personnes qui ont perdu la vie".

AUTRICHE

Le ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz: "Ces actes lâches de terreur ne peuvent pas ébranler l'Europe. Nous allons résolument nous défendre contre cette barbarie".

NORVEGE

Le ministre des Affaires étrangères Borge Brende: "pour la plupart des gens, Bruxelles est synonyme de coopération pacifique entre les pays européens". L'Europe doit répondre "de manière solidaire dans la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme".

SERBIE

Le Premier ministre Aleksandar Vucic: Ces attaques "mettent en péril les valeurs de civilisation que nous défendons ardemment".

SYRIE

Le Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les groupes clés de l'opposition syrienne, a condamné "le plus fermement" ces attentats. "Le monde doit être uni pour vaincre le terrorisme".

IRAN

Hossein Jaber Ansari, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l'agence Isna: "La répétition de ces actions terroristes dans différents endroits du monde montre que la menace du terrorisme et de l'extrémisme est commune et nécessite une réaction globale contre ce phénomène néfaste et les centres politiques et financiers qui le soutiennent".

AL-AZHAR

Al-Azhar, prestigieuse institution de l'islam sunnite basée en Egypte, a condamné les attentats dans un communiqué: "Ces crimes haineux violent les enseignements tolérants de l'islam. (...) Si la communauté internationale ne s'unit pas pour faire face à cette épidémie, les corrompus ne cesseront jamais de perpétrer leurs crimes abjects contre les innocents".

ISRAEL

Le ministre des Sciences, de la Technologie et de l'Espace, Ofir Akounis, sur sa page Facebook, a accusé l'Europe d'avoir ignoré le danger posé par "des cellules terroristes islamiques" sur son sol et d'avoir préféré critiquer Israël.


Eglise de Belgique

Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles en charge du Vicariat de Bruxelles, exprime sa réaction sur KTO TV et sa prière sur les attentats de Bruxelles survenus en pleine Semaine sainte.


Charles Michel: "Notre pays a été frappé par deux attentats aveugles, violents et lâches"

"Notre pays et nos concitoyens ont été frappés par deux attentats aveugles, violents et lâches", a affirmé mardi le Premier ministre Charles Michel, évoquant les "nombreux morts" et "nombreux blessés", victimes de ces actes perpétrés à l'aéroport national et dans le métro de la capitale.

M. Michel a fait connaître les premières mesures prises après ces attentats, plus particulièrement le renforcement du déploiement militaire, des contrôles aux frontières et dans les transports en commun, ainsi que des restrictions dans ces derniers. Le niveau de la menace est passé à 4 sur tout le pays, soit le niveau maximum, a confirmé le chef du gouvernement.

M. Michel a rendu hommage aux victimes et à leurs familles ainsi qu'aux services de sécurité et de secours. Il a appelé la population à "faire preuve de calme et solidarité" dans ce qu'il a qualifié d'épreuve.

Le Premier ministre n'a pas voulu faire de lien pour le moment avec l'arrestation de Salah Abdeslam le 18 mars dernier. Les attaques n'ont pas été revendiquées, a-t-il précisé.

"Ce que nous redoutions s'est réalisé"

Ni le chef du gouvernement ni le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw, ne se sont étendus sur les circonstances des attentats. La priorité va au secours des victimes dont ils n'ont pas voulu préciser le nombre. M. Michel a évoqué de "nombreux morts et de nombreuses personnes blessées, parfois gravement". "Ce que nous redoutions s'est réalisé", a déclaré le Premier ministre.

Des questions ont été posées sur le maintien du niveau 3 de menace après l'arrestation de Salah Abdelslam. Il s'agit d'un niveau "très élevé", fondé sur des menaces imminentes et vraisemblables, a rappelé M. Michel.

"Si on est au niveau 3, un niveau élevé, c'est parce que des craintes existent. Malheureusement, aujourd'hui, elles se sont traduites par un drame", a fait remarquer pour sa part le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, en marge de la conférence de presse.

Le premier attentat s'est produit à l'aéroport national de Zaventem. Deux explosions ont eu lieu dans le hall des départs et l'une d'entre elles est due sans doute à un kamikaze, a indiqué M. Van Leeuw. La deuxième attaque s'est produite dans la station de métro Maelbeek. Un juge d'instruction a été désigné. Les polices fédérales de Bruxelles, Zaventem et Asse sont chargées de l'enquête. Le visionnage des images disponibles a commencé.


"Le Roi et la Reine dénoncent des actes odieux et lâches"

Le roi Philippe et la reine Mathilde sont"choqués par les événements survenus ce matin à Bruxelles-National et dans le métro bruxellois", a indiqué le porte-parole du Palais royal mardi en réponse à une question posée par l'agence Belga. Le Roi est depuis ce matin en contact étroit avec le gouvernement et les services concernés.

Le Roi et la Reine se disent "bouleversés" par les attentats à l’aéroport de Bruxelles-National et dans le métro bruxellois. Le Souverain dénonce "des actes odieux et lâches". "Les pensées émues du Roi et de la Reine vont en premier lieu aux victimes et à leurs familles et aux services de secours qui mettent tout en œuvre pour porter assistance aux victimes" souligne un communiqué de Palais royal.


De Wever: "Le jour le plus noir de l'histoire de notre pays depuis la 2e guerre mondiale"

"Tout porte à croire que nous vivons le jour le plus noir de l'histoire de notre pays depuis la deuxième guerre mondiale", a indiqué mardi le président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers Bart De Wever à l'ouverture d'un colloque. M. De Wever a immédiatement quitté les lieux après ce colloque, consacré à la sécurité routière, pour se rendre au quartier général de la police locale d'Anvers, afin d'examiner la situation dans la métropole et envisager d'éventuelles mesures.

Le gouverneur du Brabant flamand Lodewijk De Witte était censé introduire ce congrès mais étant donné la situation à Zaventem, il a dû décliner.