Politique belge

Les positions matamoresques de Theo Francken (N-VA), secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, dans le dossier du visa à une famille syrienne ne sont pas du goût de tout le monde en Flandre. Le nationaliste flamand s’obstine en effet depuis plusieurs semaines à refuser la délivrance d’un visa humanitaire à une famille syrienne d’Alep alors qu’elle y risque chaque jour un peu plus sa vie. Et ce, malgré la condamnation de l’Etat belge par la cour d’appel de Bruxelles. Il faut dire qu’en référé, l’Etat belge a obtenu que les saisies sur les biens de l’Etat pour non-paiement des astreintes soient suspendues.

Groen et CD&V réagissent

Jeudi, le député flamand écologiste Wouter De Vriendt n’a pu retenir son agacement. Il a ainsi conseillé à Theo Francken de s’attaquer au problème de lenteur dans le traitement par l’Office des étrangers des demandes de visas humanitaires plutôt que de faire la guerre avec toutes les instances juridiques possibles afin d’obtenir gain de cause dans l’affaire du visa humanitaire. "Le problème principal pour accorder un visa humanitaire aux personnes originaires d’Alep ne se trouve pas chez les juges, mais bien dans le fonctionnement défectueux de l’Office des étrangers. Et il en va de la responsabilité de Theo Francken", a affirmé M. De Vriendt.

Wouter De Vriendt n’est pas le seul à avoir osé se prononcer sur la question des visas humanitaires. Dans la majorité aussi, cela grince des dents. Sabine de Bethune, ancienne présidente du Sénat et députée flamande CD&V, s’est exprimée mardi sur le réseau social Facebook. "Alep a été assassinée, torturée, violée, des enfants ont été exécutés, des familles brûlées dans leurs maisons. Et nous dans tout ça ? Nous tolérons que l’état de droit soit bafoué pour refuser l’arrivée d’une famille d’Alep sur notre territoire. Triste. Tragique. Envie de pleurer. Plus de se battre. Ce n’est pas mon pays. Ce n’est pas ma Flandre." Un message qui a ensuite été "liké" par Herman Van Rompuy, ex-président du Conseil européen et ancien Premier ministre belge, Steven Vanackere, ex vice-Premier ministre ou Nahima Lanjri, députée fédérale - tous trois CD&V.

Cela n’a cependant pas empêché le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR), jeudi, à la Chambre de maintenir la ligne du refus et de réitérer l’offre faite à la famille syrienne de s’adresser au Liban, pays voisin de la Syrie, pour y demander l’asile.