Politique belge

La réforme fiscale est financée, mais le détail des économies n’a pas encore été livré.


L’équipe (MR-CDH) emmenée s’est livrée ces derniers jours à son premier exercice budgétaire. La fin du conclave est intervenue dimanche en milieu d’après-midi. Le gouvernement wallon l’a présenté dans la foulée.

Beaucoup de satisfaction dans le chef des ministres Borsus, Jeholet, Crucke (MR) et Greoli (CDH) qui annoncent un budget se rapprochant "de l’équilibre au rythme du marché", pour reprendre une expression du ministre du budget (Crucke). Les grandes promesses d’avant conclave semblent tenues avec le financement de la réforme fiscale, l’absence de nouvelles taxes et la préservation des moyens injectés dans l’économie. Tout ça, malgré un effort budgétaire conséquent. "Contrairement à la trajectoire prévue par le précédent gouvernement qui évoquait un déficit de 317 millions d’euros pour l’année 2018, nous l’avons porté à 217 millions d’euros soit une amélioration de 100 millions", analyse Willy Borsus.

Tout va bien dans le meilleur des mondes ? Pour s’en convaincre, il faudra attendre l’analyse budgétaire ligne par ligne que s’apprêtent à effectuer les députés wallons qui devront en débattre au Parlement. Les enseignements de ce budget, en cinq points :

1. Les recettes

Elles sont en hausse. C’est sans doute la meilleure nouvelle reçue ces dernières semaines par l’exécutif. Pour Willy Borsus, la hausse annoncée est finalement plus importante que celle qui était espérée. Les hausses de recettes sont, par exemple, enregistrées au niveau de la loi spéciale de financement ou dans le produit de certains emprunts. Le gouvernement a donné dimanche un bref aperçu de ces recettes.

2. Les dépenses

Une hausse moins importante que pour les recettes. Signalons les moyens supplémentaires octroyés, au Plan Marshall, à l’Aviq, etc. A noter également une réduction importante de dépenses qui sera réalisée dans les outils publics (voir ci-dessous). Le gouvernement n’en a donné qu’un aperçu.

3. Les outils publics

S’il n’était pas question pour le nouveau gouvernement de taxer davantage les Wallons, ce sont bien dans les outils publics (OIP et autres) que l’on va aller chercher de l’argent frais. Les réductions de frais de fonctionnement et de dotations des outils publics et parapublics doivent être compensées par "le recours aux réserves financières qui sont de l’ordre de 2 milliards en tout pour l’ensemble des organismes", explique Jean-Luc Crucke. Le détail des efforts à fournir n’a pas été dévoilé. Précisons que le gouvernement a annoncé la fusion des cinq Tec.

4. La réforme fiscale

Le gouvernement wallon estime son coût à 93 millions d’euros. Elle est financée par "les marges émanant des recettes supplémentaires", explique Crucke, sans donner plus de détails.

5. L’économie et la fonction publique

Le ministre de l’économie, Pierre-Yves Jeholet est sorti du conclave rassuré. Les moyens affectés aux politiques dont il a la charge sont préservés. Il annonce une réorganisation de certains subsides et la fin du saupoudrage. La Sogepa et la Spaque seront fusionnées. Le gouvernement espère en tirer une économie de 10 millions d’euros, inscrite au budget. Pierre-Yves Jeholet doit prochainement proposer une réforme plus large sur l’ensemble des outils économiques wallons. De son côté, Alda Greoli a garanti qu’aucun emploi ne sera supprimé dans l’administration wallonne.

Les semaines qui viennent devraient permettre d’y voir plus clair et le contrôle budgétaire de 2018 de constater si les prévisions de l’exécutif étaient les bonnes.